Actualité« Texte-taxe dû de l’axe » Soulay Tchian’guel emprunte la sagesse soussou

« Texte-taxe dû de l’axe » Soulay Tchian’guel emprunte la sagesse soussou
Souleymane Bah -Soulay Tchia'nguel
« Texte-taxe dû de l’axe » Soulay Tchian’guel emprunte la sagesse soussou

Ce matin, c’est à mes frères de la Basse Guinée que j’emprunte un proverbe pour démarrer. Le foulèdi à court d’idée fait appel à la sagesse soussou pour dégainer. Trop limité dans ma petite tête fêlée, je cours vers mes voisins pour bavarder. Ce n’est pas moi qui le dis avec mes petits airs d’intello coincé. Le vieux sage bien chaussé dans son sossokhoui bien saucé se lâche en ces termes enseignés: « Takhoun séé takhoun ma nè, kha na maara, a won takhoun ma nè ».
Premier niveau de compréhension de ce langage châtié: « Ce qui est à partager doit être partagé, sinon nous serons partagés ». A fakoudou, le sossokhoui là, c’est doux dé. Quand le vieux soussou dans son hamac étiré, faisant poukèpoukè de son pèèpoui allumé, quand en se balançant et se grattant les cheveux grisonnants et feutrés, quand il a lâché ce proverbe illuminé, le tour du langage est joué et les intelligents ont tout capté. Ceux qui n’ont pas la mayonnaise à la place du cerveau que Dieu leur a octroyé, ceux qui ont une tête aérée non une noix de coco taillée, je vous garantis qu’ils ont percé le sossokhoui du vieux sossoé. Mais pour les avortons d’âne déglingués, permettez-moi de jouer le traducteur zélé. Voilà ce que n’tanoun a voulu leur enseigner: lorsque vous avez entre les mains un bien commun à toute la cité, vous devez vous efforcer à le partager avec toute la communauté. Ce qui est à tout le monde ne doit pas être confisqué au profit d’une poignée de personnes indiquées. Si on ne fait pas régner l’équité et l’égalité, alors ce sont les graines de la discorde et de la division qu’on aura semées. Si l’on n’est pas juste dans le partage de ce qui nous a été légué, alors il ne faut pas s’étonner de la violence qu’on aura ensemencée et de la confrontation qu’on devra récolter. Si l’on ne prend pas garde à agir dans la solidarité, on devra être prêt à essuyer les coups des frustrés. Si une partie de la communauté se sent exclue des affaires de la cité, alors les douleurs fonderont en son sein des dents taillées et des ongles limés qu’elle voudra enfoncer dans le premier coeur de autorités qu’elle aura croisée.

D’où l’indispensable nécessité de répéter la parole prophétique de ma Basse Guinée: « Takhoun séé takhoun ma nè, kha na maara, a won takhoun ma nè! « 
Eh oui frères et soeurs égarés, à nous désormais de nous regarder. Vérifier nos agissements réussis pour évaluer nos actes manqués. A nous de peser le frêle ou le lourd poids de notre solidarité. Être honnête de notre piété pour estimer la balance de notre impiété. En attendant une comptabilité objective de notre réussite et de nos fiertés, qu’on me permette de seriner ma petite vérité. Accordons-nous cependant qu’elle n’est ni d’évangile ni coranique ma pseudo vérité. Elle est la simple expression de mon observation subjective altérée. Je voudrais par exemple parler de cet axe, axe du mal que certains l’ont baptisé. Je parle de cet axe qui fait douter et fait trembler. Cet axe sentinelle de notre liberté et de notre démocratie que certains voudraient confisquées. Cet axe qui chante l’insouciance de l’insoumission enchantée, parce qu’il sait que c’est la contestation qui ouvre les portes de notre Eden à récupérer. Cet axe, oh oui merde, cet axe là même qui enterre souvent ses morts dans l’indifférence généralisée. Foutu axe au poing levé, parce qu’il a besoin d’être entendu et considéré. Merdeux axe qui ne demande rien d’autre qu’on lui donne sa part de bonheur qu’on voudrait lui refuser. Rebelle axe qui exige sa citoyenneté qu’on voudrait lui réfuter et récuser. Il relève la tête qu’on aimerait abaisser, quémande une autre inscription de l’autorité dans sa chair martyrisée qui ne soit pas que par le treillis, la matraque et le gaz que régulièrement il se fait injecter. Et cette même question lancinante nous est encore posée: pourquoi faut-il que ce soit toujours les mêmes qui sortent pour réclamer? Et je n’ai pas souvenance que quelqu’un nous ai proposé une réponse dévouée même dévoyée. Oh si peut-être. Une réponse, une seule musique qui chante, une seule et unique cadence qui danse dans ces quartiers stigmatisés: la violence des forces de l’ordre mille et une fois répétée. Les exactions approuvées contre des familles mille et une fois éprouvées. Oui elles sont cautionnées ces douleurs infligées, puisqu’on a vu à notre nationale télé, un certain président de la république féliciter ses soldats pour la façon dont le meeting de l’opposition a été gérée. Pendant que les blessés par balle et à coups de crosse sont alités. Vive la République de la citoyenneté déséquilibrées. Vive le sentiment d’exclusion tous les jours amplifié, par des sorties médiatiques improvisées et incontrôlées. Vive cette parole empoisonnée déployée dans l’espace public avec ses relents ethnocentristes frictifiés.
Encore une fois, je repose ma question qu’on laisse nous hanter: pourquoi ce sont toujours les mêmes qui livrent leurs poitrines aux balles, gourdins et matraques des hordes de forces de désordre galvanisées par l’impunité? Que fait l’Etat pour garantir à ces insoumis leur part de travail, leur quote-part de justice et leur once de solidarité? Cette revendication qu’on laisse récurrente procède-t-elle d’un agenda caché de nos autorités? Les gendarmeries et les polices resteront-elles les uniques témoignages de l’État dans ces quartiers? Jusque quand va-t-on continuer à laisser perdurer ce sentiment d’exclusion au sein de ces frustrés? Quand se décidera-t-on enfin d’arrêter de nourrir ces citoyens par la violence et le racket de nos gendarmes et policiers? Quand se résoudra-t-on à comprendre que « Takhoun séé takhoun ma nè, kha na maara, a won takhoun ma nè? La cloche de la prise de conscience devrait commencer à tinter. Donner la part qui revient à l’autre dans le respect et la dignité. Ne pas se laisser bouffer par un égoïsme démesuré qui garantit en dernier ressort une chute dont on peut difficilement se relever. Cette table garnie de Guinée est une commune propriété. Ne pas s’en souvenir à chaque fois que le soleil s’est levé, c’est prendre le risque de ne pas le voir se coucher. Et c’est à juste titre que la sagesse des foulèdis aurait rappeler: « dirou dirou kö haa ka guimbal ». « Quand tu ordonnes à quelqu’un de reculer et de reculer, c’est jusque contre le mur élevé ». Arriver contre cet obstacle dressé, il n’aura plus d’autre choix que d’avancer et de marcher sur toi. De mon côté, il est temps que je m’écarte du chemin de ce frustré en fermant ma gueule et je dégage!

Soulay Tchian’guel

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