
Dans le cadre de la lutte contre l’épidémie d’Ebola qui régresse dans les trois pays touchés, nous vous livrons cet interview du Coordinateur des Nations Unies pour la lutte contre Ebola sur le point de la situation dans les trois pays.
Docteur David Nabarro répond aux questions de Christophe Boisbouvier de RFI.
Christophe Boisbouvier: David Nabarro bonjour!
David Nabarro: Bonjour!
Christophe Boisbouvier: Est-ce que le plus dur est passé?
David Nabarro: J’espère parce qu’on a peut être passé le cap de l’épidémie au Liberia et aussi on commence à voir une diminution de nouveaux cas semaine par semaine en Sierra Leone et en Guinée. Mais aussi on a en Guinée une diffusion de l’épidémie au Nord, à l’Est, à l’Ouest, et avec ça on a peur que peut être ça peut s’enflammer encore si on a pas un contrôle et c’est pour cela il faut avoir une grande vigilance pour être sûr qu’on peut finir le travail.
Christophe Boisbouvier: Est-ce qu’on a franchi un cap? Est-ce qu’on est sur la pente descendante?
David Nabarro: Au Liberia oui nous pensons qu’on a passer le cap, on est sur une pente descendante, en Sierra Leone oui aussi, mais en Guinée on n’est pas exactement sûr et c’est pour ça il faut regarder bien dans les prochaines trois ou quatre semaines.
Christophe Boisbouvier: Qu’est ce qui vous inquiète le plus en Guinée? Est- ce que c’est à l’Ouest dans la région de Forécariah, est-ce que c’est à l’Est dans la région de NZérékoré?
David Nabarro: On a des problèmes dans les deux endroits, A l’Est, à NZérékoré, à Lola c’est près de la Côte d’Ivoire, on a de nouveaux cas et on a toujours peur que la maladie peut avancer dans le territoire de la Côte d’Ivoire. L’autre côté à l’ouest, autour de Conakry on trouve qu’il y a de nouveaux cas qui arrivent et aussi on a une réticence des populations qui rendent le travail assez dur pour les soignants.
Christophe Boisbouvier: Alors vous dites qu’il y a des populations qui rendent le travail difficile pour les soignants. Est-ce que ça veut dire qu’il y a des gens qui n’ont toujours pas compris qu’il fallait changer de comportements?
David Nabarro: Oui vous avez raison, au centre de cette épidémie c’est les comportements qui pousse (propage) l’épidémie, ce n’est pas une maladie qui se transmet par l’eau ou dans l’air, c’est une épidémie qui se transmet par le comportement des gens. Mais ce comportement est très important parce que pour les gens les rites funèbres sont absolument au centre de leurs vies. Ce n’est pas une réticence parce que les gens sont fâchés contre les soignants, c’est une réticence qui arrive parce que les gens veulent être sûrs de leur avenir.
Christophe Boisbouvier: C’est une question de rapport à la mort?
David Nabarro: Absolument et c’est pour cela que c’est très difficile de changer les comportements.
Christophe Boisbouvier: Et c’est pour ça que les gens touchent leurs défunts, embrassent leurs défunts?
David Nabarro: Oui c’est vraiment comme ça!
Christophe Boisbouvier: Qu’est ce que vous dites aux gens alors?
David Nabarro: Toujours il faut commencer avec des négociations, en Guinée on m’a dit que ça commence à changer les réticences diminuent semaine par semaine, si c’est possible pour les gens de voir le corps de quelqu’un, et d’être proche mais pas de toucher, il est possible pour eux d’avoir de rites mais sans danger de contamination.
Christophe Boisbouvier: Docteur Nabarro d’ici combien de temps la maladie va disparaitre?
David Nabarro: C’est difficile pour moi de dire exactement quand ça va finir parce que si on a la maladie d’ebola dans un quelconque endroit ça peut s’enflammer très très vite. Je voudrais rassurer les gens que ça va disparaitre. Ca c’est certain mais je suis pas sûr de la date.
Christophe Boisbouvier: Dans l’année 2015?
David Nabarro: Je voudrais pas dire vraiment!
Christophe Boisbouvier: David Nabarro merci!
Interview de Christophe Boisbouvier avec le script d’Elhadj Boubacar BAH
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