
A l’initiative de l’Association des journalistes pour le développement durable (Ajdd), une dizaine de journalistes venus de différents médias, ainsi que d’étudiants en situation de classe à l’Institut supérieur de l’information et de la communication (Isic) de Kountia, ont pris part à une formation axée sur le data journalisme à Conakry mardi 20 juin 2017. La facilitation de ce concept était assurée par le journaliste et blogueur Alfa Diallo.
D’entrée, le formateur a défini le data journalisme comme une nouvelle tendance journalistique basée sur des données statistiques et sur la représentation de celles-ci pour le public afin de construire toute une histoire. Alfa Diallo a ensuite fait un survol sur le data journalisme et l’ensemble de ses contours, notamment sur où trouver les données, une fois les avoir trouvées, comment les analyser, comment les interpréter et comment les restituer au public. Tout un processus au cours duquel chaque partie a été brossée aux participants.
Aussi, M. Diallo s’est penché sur l’open data ou les données ouvertes qui reste(nt) l’un des concepts les plus importants dans le data journalisme. C’est-à-dire que les données qui sont produites la plupart des temps par les administrations, qui sont rendues libres et sur lesquelles le data journaliste se base pour faire son travail.
Le contexte général juridique de ces données-là dans le monde en général et en Guinée en particulier, notamment avec la loi d’accès à l’information publique a longuement été épluché lors de cette rencontre. Tout comme la volonté de la Guinée à adhérer à l’initiative Partenariat pour un gouvernement ouvert. Donc, qui va obliger le gouvernement à rendre publiques les données. « Chose qui va produire plus de matières aux futurs data journalistes », a évalué le facilitateur Diallo avant d’exposer sur des modèles de réussite et sur certains projets de data journalisme mis en œuvre par des rédactions.
Au carrefour de l’informatique, du journalisme et de l’art visuel, le data journalisme est une discipline essentiellement axée sur la représentation visuelle des choses. Même si pour un journaliste, il n’est pas assez impératif d’avoir de fortes connaissances en informatique. « Mais, il faut avoir un minimum basique qui puisse permettre de comprendre et de concevoir les choses afin de pouvoir, parfois dans le cadre d’une collaboration avec un informaticien, donner des ordres qu’il puisse exécuter ou dans le cadre d’un travail avec un infographe par exemple », a indiqué Alfa Diallo.
Partie du constat selon lequel il y a moins de journalistes qui s’intéressent au data journalisme, l’Ajdd en initiant de projet de formation ambitionne de voir émerger au pays une pépite, un noyau de data journalistes qui puissent, en symbiose, initier de grands projets pour faire en sorte que certaines choses puissent bouger.
Ce besoin est incessant dans les pays francophones où c’est plutôt la Société civile qui s’en sert. C’est le cas notamment de l’Association des blogueurs de Guinée (Ablogui) avec son projet Lahidi qui est une plateforme de suivi et d’évaluation des promesses du président. Ce qui n’est pas sans conséquences.
« En ce sens que cela affaiblit le débat. Ça fait en sorte que les journalistes ne posent pas parfois les vraies questions. Ça fait que nous avons des journalistes qui produisent des choses à faible valeur journalistique », a énuméré entre autres le formateur.
Madiba pour Guinee360
Sélectionné pour vous : Musellement des médias: Vers l’organisation des journées sans presse

