Hadya face au TPI de Dixinn : « Je voulais créer du buzz pour être connue »

5 min de lecture

Le procès de l’artiste Hadiatou Bah, connue sous le nom de scène Hadya, ainsi que des créateurs de contenus Ahmed Saada Diallo et Mamadou Alpha Baldé, s’est ouvert ce mercredi 20 mai 2026 devant le Tribunal de première instance de Dixinn.

Les trois prévenus sont poursuivis pour diffamation, proxénétisme et complicité, atteinte à l’ordre public, ainsi qu’atteinte à la dignité des personnes par le biais d’un système informatique. Les poursuites s’appuient sur les articles 19, 20, 347 et 363 du Code pénal, ainsi que sur l’article 32 de la loi relative à la cybersécurité et à la protection des données à caractère personnel en République de Guinée.

- SMS NEWS -
SMS ALERTE - Mini Landing Page

📱 SMS ALERTE

L'actualité en direct sur votre mobile

🎉

3 JOURS GRATUITS

🎁

Profitez de nos actualités sans engagement

COMMENCER MON ESSAI GRATUIT
Actus Express
📱
Par SMS
🌐
Sans Internet

Première à comparaître, Hadiatou Bah, née en 2002 et résidant à Yattaya, a rejeté les accusations selon lesquelles elle aurait servi d’intermédiaire entre des hommes et de jeunes filles à des fins de prostitution. Elle affirme avoir tenu ses propos uniquement pour accroître sa notoriété.

Revenant sur l’interview devenue virale sur les réseaux sociaux, elle explique avoir accepté de s’exprimer dans le cadre de la promotion d’un clip musical. « Depuis longtemps, je fais de la musique, mais je ne suis pas connue. Je voulais créer du buzz pour être connue », a-t-elle déclaré devant le tribunal.

Elle soutient avoir volontairement exagéré certaines affirmations, notamment celles liées à des relations entre des hommes et de jeunes filles contre rémunération. Interrogée par le juge sur les « gros mots » auxquels elle faisait allusion, elle précise : « J’ai dit qu’il y a des hommes ici qui se couchent avec des filles mais ne leur donnent rien. Moi, je suis contre ça. Je les mets en relation ; quand ils font l’affaire, moi je gagne ma part. »

Elle affirme cependant n’avoir jamais exercé une telle activité : « Je ne l’ai jamais fait, je voulais juste créer du buzz », insiste-t-elle.

Une partie des échanges a porté sur les déclarations relatives au complexe Bellingham, mentionné dans la vidéo controversée. La prévenue nie avoir affirmé que « tous les rackets » s’y déroulaient, expliquant avoir plutôt évoqué « des filles qui viennent faire la raquette ».

Le ministère public relève toutefois plusieurs contradictions, estimant que le niveau de précision des propos tenus lors de l’interview traduit une certaine maîtrise du sujet. Interrogée sur une éventuelle autorisation des responsables du complexe avant de citer l’établissement, elle répond par la négative.
Elle reconnaît également que ses propos ont porté atteinte à l’honneur et à la dignité des propriétaires des lieux : « Oui, je le sais », a-t-elle admis devant la partie civile, représentée par Maître Ibrahima Barry, avocat d’Alpha Oumar, propriétaire du complexe.

La prévenue affirme toutefois n’avoir eu aucune intention de nuire : « Je ne suis pas contre Grand Oumar ni contre quelqu’un. Je voulais faire du buzz », dit-elle.

Au cours des débats, elle soutient que ses propos ont été sortis de leur contexte sur les réseaux sociaux, une partie de l’interview ayant été massivement relayée. « C’est uniquement cette partie que les gens ont découpée et publiée. Mais ce que je dis, je ne l’ai jamais fait, et aucune fille à Conakry ne peut lever la main pour dire que je l’ai mise en relation avec un homme », affirme-t-elle.

Face aux observations du parquet, qui estime que ses déclarations sont susceptibles d’encourager la prostitution, elle exprime finalement des regrets et présente des excuses.

Le ministère public reste toutefois réservé, considérant la gravité des faits et justifiant son maintien en détention.

La défense, assurée par Maître David Beavogui, a sollicité une mise en liberté provisoire de la prévenue, détenue depuis la veille à la Maison centrale de Conakry. « Vu que le renvoi est fixé dans deux semaines, période qui coïncide avec la fête de Tabaski, il faut la libérer en attendant, même sous caution», a plaidé l’avocat.

Le parquet a qualifié cette demande d’« inopportune », estimant qu’une libération pourrait compromettre la suite de la procédure.

Après délibération, le tribunal a rejeté la demande de mise en liberté provisoire et renvoyé l’affaire au 10 juin prochain.

À la reprise de l’audience, les deux autres prévenus, Mamadou Alpha Baldé et Ahmed Saada Diallo, ont été appelés à comparaître à leur tour devant le tribunal.