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L’acquisition de l’eau potable, un véritable business à Kobaya

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L’acquisition de l’eau potable est un véritable supplice pour les habitants du quartier Kobaya dans la commune de Ratoma à Conakry.

Fatoumata Diallo est une habitante du quartier Kobaya. Elle se voit dans l’obligation de parcourir tous les jours plusieurs mètres dans le but de se procurer de l’eau potable pour ses besoins domestiques.

Par manque d’eau de robinet, elle doit se lever à 5 heures tous les matins, pour rallier le forage le plus proche, afin de faire la queue pour l’eau. Le jour que son quartier a le courant électrique à 18 heures, c’est la même routine.

Kobaya est un quartier de Conakry, scindé en deux parties. Le côté gauche Lambanyi pour Sonfonia a régulièrement l’eau grâce au traditionnel tour à tour, contrairement au côté opposé, où les habitants soufflent le chaud pour se procurer de l’eau.

Aucun robinet n’est visible dans ce secteur. Carrément en hauteur avec une structure du sol pierreuse et difficile à creuser. C’est pourquoi les plus nantis se font des forages dans leur cour. En lieu et place de la Société des Eaux de Guinée (SEG) sensée fournir de l’eau potable à la population.

Quand il y’a l’électricité, ces nantis remplissent des cuves d’eau à partir desquels les plus démunis s’approvisionnent sans frais, grâce à un tuyau de liaison. Ce qui fait que tôt les matins, on assiste à des attroupements autour des différents forages du quartier.

Souvent, des affrontements sur ces lieux se font à cause des cas de corruption ou d’arrangements de certains. Qui consistent à placer frauduleusement les bidons des proches dans les rangs, moyennant un petit pourboire.

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, plusieurs jeunes du quartier se sont érigés en transporteurs de bidons d’eau dans les ménages moyennant un montant de1000 francs guinéens par bidon.

Souleymane Cissé, un amateur de ce business affirme : «Par jour, je peux me faire 35.000 francs guinéens en transportant de l’eau pour les femmes incapables de supporter les bidons et qui manquent d’aide à la maison».

«Moi j’ai un problème de nerfs, mon docteur m’a interdit le support des objets lourds. Mais, je suis obligée de porter les bidons parce que je n’ai pas toujours les moyens de faire recours à ces jeunes qui puisent moyennant 1000 francs. J’ai très peur pour ma santé. Mais je ne peux rien, je suis obligée de le faire. J’en appelle donc à l’aide des autorités afin de trouver une solution à ce problème d’eau dans mon quartier», a soutenu Mariama Soumah.

A Kobaya-plateau, on peut compter plus de 20 forages. Ce qui inquiète souvent certains habitants, c’est les tremblements de terre. Vu le nombre pléthorique de forages dans leur zone.

Un regard sur les écoles de ce quartier. L’on constatera que les surveillants veillent beaucoup sur les kits sanitaires pour la prévention d’Ebola, pour éviter que les élèves n’abusent de cette eau javellisée. Car, obtenir de l’eau dans ce quartier est un casse-tête chinois.

La Guinée est considérée comme le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest, mais force est de constater que les populations ont du mal à y trouver pour leurs différents besoins. Plusieurs quartiers de la capitale manquent d’eau depuis des mois voire des années maintenant.

Pour se défendre, la SEG évoque plusieurs raisons, dont entre autres, la vétusté des équipements, l’urbanisation anarchique de certains quartiers de Conakry rendant contraignante l’installation des équipements de distribution, les fraudes et les branchements clandestins, les cas de vandalisme et autres sabotages des installations, l’insuffisance de compteurs à eau favorisant le recours massif à la facturation au forfait et occasionnant ainsi le gaspillage, la faiblesse du niveau de tarification de l’eau au m³ par rapport aux coûts réels de production, de distribution et d’entretien.

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