
La fin d’un processus est le début d’un autre. Cette évidence philosophe, nous amène à nous demander si la fin du mandat présidentiel d’Alpha Condé est aussi le début d’un autre. En Guinée, la question suscite bien des interrogations même si la plupart de nos compatriotes ont, aujourd’hui, soif du changement, parce que fatigués d’une gouvernance politique fondée sur l’exclusion et le favoritisme.
Quand le bilan des promesses non tenues est excédentaire, il est inutile de se gaver de faux espoirs. Alpha, à bout de souffle, mesure plus que quiconque ce que lui coûterait que de rater son second mandat présidentiel. Ce serait une condamnation à la retraite qui précipiterait le déclin de celui qui avait tout promis et qui, au terme de son mandat, est aujourd’hui le plus convaincu de la faiblesse de son bilan. Ne pouvant user de miracle pour se faire reconduire, Alpha ne pourrait avoir qu’un choix, tout aussi périlleux pour lui que la tenue de la présidentielle dans les délais requis.
L’Ebola n’ayant pu être un argument suffisant pour divertir la communauté internationale. Les citoyens ne sont pas dupes, désormais, il est difficile de voler leurs suffrages, de modifier les données statistiques, d’user du bétail électoral pour rafler un second mandat. De faire chanter les urnes. Si Alpha perdait la prochaine élection présidentielle, dont la tenue reste aussi incertaine que le second qu’il veut s’offrir, ce ne serait pas la fin du monde, certes, mais celle de tous les abus, de tous les tâtonnements, enfin, celle d’une ère de suffocation et de répressions pour le peuple guinéen.
En ce début d’année, qui aurait dû être un nouvel espoir pour la Guinée, c’est plutôt de nouvelles inquiétudes qui pointent. Il est déjà prévisible que le Président Alpha tentera de faire germer de nouvelles illusions dans les cœurs, de distribuer de nouvelles promesses et de faire porter le chapeau de ses échecs à ses adversaires politiques.
L’on aura beau tenter de recoller les choses, de rafistoler le tissu social en lambeaux, de parler des barrages en gestation et des hôtels, de féliciter la patience des citoyens devant les promesses non tenues et la pauvreté qui les malmène au quotidien, de prier sur la mémoire de toutes les victimes des répressions en Guinée, une chose reste évidente, c’est le besoin de changement suscité dans le pays. Et cela pour plus d’une raison.
Alpha est au carrefour du compte à rebours, fatigué par l’âge et le poids du pouvoir. Son équipe gouvernementale ne répond plus aux aspirations des populations. Dépassée par les événements, cette équipe est devenue une caisse de résonnance, un cercle vicieux qui regroupe opportunistes et démagogues, une troupe folklorique pour amuser la galerie.
Aly Badara Condé
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