
Les violences basées sur le genre (VBG) constituent un problème préoccupant en Guinée. Selon, une enquête réalisée en 2016, la proportion des personnes de 15-64 ans ayant subi au moins une forme de violence depuis l’âge de 15 ans est de 80.2% dans le pays.
Les VBG se manifestent à travers un ensemble des comportements, des paroles ou des gestes agressifs brusques et parfois répétés dirigés contre les femmes. «Il y a les violences physiques, verbales, morales et psychologiques. Ce n’est pas acceptable qu’un père de famille qui rentre chez lui tous les soirs et insulte sa femme ou qui prend du plaisir à l’humilier devant ses amis de tiers. Ensuite, il y a les violences sexuelles. C’est-à-dire les rapports sexuels forcés, la prostitution, les mutilations génitales», a souligné le ministre de la Justice en marge d’un forum sur les VBG organisé lundi 18 septembre à Conakry.
Me Cheick Sako regrette le laxisme des autorités dans la lutte contre le fléau les VBG en Guinée. «Voyez-vous, dans ce pays, on ferme les yeux sur beaucoup de choses. Les violences ne sont pas limitées que dans la sphère publique. Mais, il ne faut pas négliger les viols à caractère privé. Il faut reconnaitre que phénomène est récurent et il ne faut avoir ni honte et ni peur de le dire. Ça ne fait pas plaisir à tout le monde parce que certains se nourrissent de ça dans ce pays. Ça leur fait plaisir de voir la femme en sang y compris dans les familles».
Malheureusement, déplore-il, le phénomène touche toutes les couches sociales et est pratiquée par certains religieux. «Quand on a interpellé un imam dans ce pays parce qu’elle avait violenté sa femme, il a été mis en détention. On m’a traité de tous les noms dans certains milieux religieux de ce pays. Il a été jugé, mais on n’a pas fait de publicité là-dessus par respect à ce caractère religieux qu’on a. ça veut dire qu’il n’est pas acceptable, dans notre pays, de violenter une femme sous quelque forme que ce soit».
Subrepticement, souligne le ministre, les violences conjugales ont été introduit dans le nouveau Code pénal. «Si votre femme est malade ou fatiguée, vous ne devez l’obliger à avoir de rapport vous», précise le ministre, tout en invitant les femmes à ne pas rester silencieuse face aux violences dont elles subissent dans leurs foyers respectifs.

