
Invité de l’émission lynx opinion de ce mardi 18 juillet 2017, le Pr Salifou Sylla, ancien ministre de la Justice, est revenu sur l’actualité qui défraye la chronique dans notre pays. Il s’agit notamment du regard critique sur la gouvernance, consensus sans scrupule, la violation de la loi les dirigeants, l’absence d’un Etat de droit, la violation de la constitution, la crise qui mine la CENI, le code électoral, les élections communales, le manque de véritables Premiers ministres chefs de gouvernement en Afrique et particulièrement en Guinée.
Les opposants d’Alpha Condé envisagent une série de manifestations sur les places et voies publiques pour, disent-ils,  le non respect des clauses politiques et la volonté affichée du pouvoir de « tuer » et de « berner » toutes les voix discordantes des forces vives. Pr Salifou Sylla pointe un doigt accusateur sur le pouvoir en place pour le non respect des textes juridiques: « J’ai un regard critique de la gouvernance actuelle. On ne peut pas gouverner un Etat par des consensus et des accords. Dans ce pays, nous avons connu pas mal de tables rondes et de dialogues, mais sans aucune suite favorable. Il y a véritablement une absence d’un Etat de droit et les Guinéens en ont besoin. On ne peut pas construire un Etat de droit par des incantations et de promesses stériles.»
Revenant sur le rôle que devraient jouer les premiers ministres chefs de gouvernements en Guinée, l’ancien ministre de la justice ironise: «Il n’y a pas des premiers ministres chefs de gouvernement. La Guinée n’en a jamais connu. Le président actuel ne partage jamais et les premiers ministres président les cérémonies de lecture du saint coran et organiser les ‘’mamayas ». Le pouvoir ne donne aucune valeur et aucune prérogative au PM. Il s’accapare de tous les pouvoirs.»
Evoquant la question de la modification et la violation de la constitution, le juriste affirme: « Même les dictateurs organisent les référendums et les référendums n’ont pas nécessairement un critère démocratique. La constitution est sacrée et aucune personne ne doit la violer. »
Revenant sur le code électoral, la CENI, les élections communales et l’opposition républicaine, le juriste dénonce: « La CENI est incapable d’organiser les élections. Elle est fondamentalement incapable. Elle n’a jamais organisé des élections justes et transparentes. Bakary Fofana a été imposé hier par l’actuel président de la République. Actuellement, il semble qu’il est lâché par le même président. Cette crise ne commence pas aujourd’hui et il a toujours géré la CENI de manière opaque.»

