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Me Salifou Béavogui sur l’affaire grenade : « c’est le procès de la honte »

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Il était amer ce lundi 18 février 2019, devant le président du tribunal de première instance de Dixinn, venu plaider la cause de son client, le « fameux » Boubacar Diallo alias « Grenade », poursuivi pour tentative de meurtre et détention illégale d’armes, Me Salifou Béavogui a dénoncé un procès monté de toute pièce.

Dans sa traditionnelle robe noire, cet avocat du principale parti d’opposition (UFDG) a tout d’abord dénoncé “ l’absence” de preuves matériels dans le dossier, avant de s’insurger contre « l’obstination du procureur de Dixinn » à faire aboutir un dossier « monté de toute pièce ».

« Je suis triste de défendre un tel dossier, dans lequel monsieur le procureur de la république force la main des magistrats pour obtenir une condamnation, alors que ce dossier ne renferme aucune preuve comme l’a soutenue toujours la défense » a déclaré Me Salifou Béavogui, dans une voix presqu’étouffée par l’effet des contradictions avancées avec le parquet.

Il dénonce ainsi un procès politique, orchestré sur la base de simples témoignages d’officiers, qui ont brillé par leur absence tout au long du procès. Selon lui, « tout est parti d’une simple déclaration de deux gendarmes qui étaient postés dans l’enceinte du RPG, et qui ont fait croire que notre client possédait un PMAK, et qu’il aurait tiré sur les gendarmes ».

Ces officiers auraient-ils trompé le procureur Siddy Souleymane Ndiaye ? Me Béavogui ne doute pas sur la question, puisque pour lui les affirmations sur les présumés tirs nourris par son client à l’endroit d’une foule, devaient menés à une victime tout au moins.

« Ces deux dénonciateurs se sont trompés de personnes et de cibles. Ils ont sérieusement induit le procureur en erreur, qui a accepté de poursuivre ce dossier. Ils disent que notre client a tiré dans tous les sens et qu’il y avait une foule immense. Mais le paradoxe c’est qu’il n’y a pas eu de perte en vie humaine. On ne peut pas tirer 19 étuis de balles sur une foule sans qu’il n’y ait un seul mort. Ça c’est difficile à avaler » a-t-il lancé en réponse aux affirmations du parquet.

D’ailleurs il déplore un acharnement du procureur contre son client, qui a requis 20 ans de prison avec une période de sureté de 5 ans. « Ces gendarmes n’ont intervenus qu’au niveau de la Gendarmerie et ça s’est limité là-bas. Leur PV n’a été déféré au tribunal qu’à titre de renseignement. Leur PV a été annulé par la deuxième chambre d’accusation, qui avait pris le courage d’annuler toute la procédure, tous les gros mensonges. Tout devait se limiter là, mais malgré tout le procureur de la république a continué à soutenir l’insoutenable ».

Me Salifou Béavogui s’est par ailleurs félicité d’avoir déjouer l’objectif des autorités qui « voulaient » se servir du procès comme une sorte d’appât lancé contre des cadres de l’UFDG.

« Aujourd’hui le dossier est dégonflé, nous avons révélé en face du tribunal que ce jeune est innocent, il n’a jamais possédé une arme. Ce qui est sûr c’est que les objectifs recherchés ont échoué. Il fallait passer par ce jeune pour atteindre d’autres personnes. Nous avons défendu ce dossier avec beaucoup de professionnalisme et de courage, malgré que le procureur n’a jamais accepté sa défaite tout le long de la procédure. Dès fois il faut qu’on aille le courage d’abandonner des dossiers quand on n’a pas de preuves. Nous souhaitons que le juge soit guidé par la loi, sans tenir compte des impressions la société. Mais des arguments des deux parties » a-t-il précisé.

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