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Élections – Les observateurs étrangers ont rendu un bien mauvais service à la Guinée

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La victoire du président guinéen sortant est quelque peu dépréciée par les réserves des observateurs. Pire, elle ne résout rien, quant au climat politique, plus tendu que jamais, dans le pays.

Anthony Lattier : Alpha Condé est vainqueur au premier tour, selon les résultats provisoires de l’élection présidentielle, en Guinée. Par avance, l’opposition avait catégoriquement rejeté ces résultats, qualifiant le scrutin de grande mascarade. Voilà une victoire bien embarrassante, pour le chef de l’Etat guinéen.

Jean-Baptiste Placca : Dans cette radicalisation des positions, les observateurs étrangers ont rendu un bien mauvais service à la Guinée. Ils ont déploré de graves manquements dans l’établissement des listes électorales, dans la cartographie des bureaux de vote et dans la distribution des cartes d’électeurs, tout en laissant croire que tout cela serait sans incidence sur les résultats. L’un d’eux a même rajouté à ces manquements « une communication insuffisante à différentes étapes du cycle électoral et le manque de transparence de la Commission, pouvant conduire à un déficit de confiance de la part de nombreux acteurs du processus. »

Lorsque les réalités sont ainsi posées par ceux qui sont censés être les arbitres, comment s’étonner d’entendre les opposants assimiler le scrutin à une vaste mascarade ? Et pour achever de semer le trouble dans les esprits, Madame Fatou Bensouda s’est invitée dans le débat pour, littéralement, menacer de poursuites ceux qui n’accepteraient pas les résultats. C’est bien la première fois que le procureur de la CPI se mêle aussi directement et aussi rapidement d’une élection en cours. Et c’est en Afrique ! Et certains continuent de s’étonner de la (mauvaise) réputation de la CPI sur le continent africain.

Que faire, dans ces conditions, pour que les vaincus acceptent leur défaite ?

La clé, en amont, c’est la transparence. Et dans le cas d’espèce, l’on peut estimer que si le sortant peut l’emporter avec une telle marge, et dès le premier tour, un grand effort de transparence n’aurait, tout au plus, fait que réduire la marge, sans remettre en cause la victoire. Mais encore fallait-il que ledit sortant ait suffisamment confiance en ses forces, en ses chances. Il se trouve que, à part les marabouts, les politiques ne disposent pratiquement d’aucun outil de mesure de l’état de l’opinion. C’est bien dommage, parce que si l’on pouvait évaluer l’état de l’opinion, l’envie de frauder serait moins grande, et les partisans de certains candidats n’éprouveraient peut-être pas le besoin de se prémunir d’une déconfiture, en abusant trop de ce que l’homme politique ivoirien Laurent Dona-Fologo, un jour de défaite, a qualifié de « technologie électorale », c’est-à-dire la fraude.

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JEAN BAPTISTE PLACCA

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