
En décembre 2010, aussitôt élu à la tête de la Guinée, à l’issue d’un des scrutins les plus agités du continent, avant même d’être officiellement investi dans le fauteuil présidentiel, Pr Alpha Condé, l’heureux candidat du Rassemblement du Peuple de Guinée, RPG arc-en-ciel, a déclaré haut et fort que pour mener à bien la mission qu’il s’était assigné désormais, au nom et pour le peuple de Guinée, il lui faut nécessairement dix années de pouvoir publique, l’équivalent de deux mandats constitutionnels dans notre pays.
Une déclaration intervenue dans une atmosphère tellement enthousiaste que certains observateurs, non moins avertis de la scène politique nationale, ne se sont pas empêché de dire que s’il ne s’agissait que d’un bluff, en contact avec les réalités du terrain, sans nul doute que l’ancien leader de la fédération des étudiants africains de France, FEANF, ajoutera un peu d’eau à son vin. Mais, c’était compter sans qu’Alpha Condé est un homme ivre du pouvoir qui, jamais, ne recule devant rien du point de vue chose politique, quand il s’engage. Nul ne se doutait un seul instant que le premier quinquennat, même pour l’animal politique qu’il est, n’allait pas être de la sinécure. C’est ainsi qu’après une période de grâce très brève qui n’a pas excédé un semestre, le coup d’envoi des manifestations sur les voies et places publiques a été donné notamment sur l’axe Bambéto-Cosa-Hamdallaye, dans la commune de Ratoma.
Des agitations tous azimuts qui se solderont par de nombreuses pertes en vies humaines ainsi que par de dégâts matériels dont l’ampleur reste à déterminer. Ce qui n’aura nullement pas empêché le président Alpha Condé de poser certains actes mal calculés, qui auraient pu d’ailleurs être plus catastrophiques encore pour notre pauvre économie, n’eut été l’apparition de la très contagieuse et particulièrement létale de fièvre à virus Ebola. Une épidémie qui, outre le nombre considérable de morts qu’elle a entrainé, a dangereusement affecté l’économie nationale avec à la clé une fuite massive des investisseurs étrangers.
Pour toutes ces raisons et certainement bien d’autres, Pr Alpha Condé, se montre plus que jamais confiant, de remporter, dès le premier tour, , l’élection présidentielle de 2015. Un double défi lancé ouvertement à ses opposants, en ce sens qu’en procédant de la sorte, le chef de l’Etat, rend explicite sa volonté de se succéder à lui-même et engage de facto sa campagne avant la date.
Aly Badara Condé
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