
Une partie de la colline surplombant le quartier de Regent, au sud de la capitale Freetown, s’est effondrée sur des habitations.
Les médias sierra-léonais diffusaient lundi les premières images de la coulée de boue provoquée par les précipitations.
Une coulée de boue meurtrière a touché Freetown, la capitale sierra-léonaise, lundi 14 août. Au moins 312 personnes ont été emportées par le glissement de terrain, qui s’est produit dans la banlieue sud de la ville, selon un dernier bilan communiqué par la Croix-Rouge locale, qui pourrait encore évoluer.
Le glissement de terrain est survenu en début de matinée dans la localité de Regent, après une nuit de pluies diluviennes. Il a emporté des dizaines de maisons sur son passage, dans cette zone où un grand nombre de bâtiments avaient été construits sans permis. Une partie de la colline surplombant le quartier s’est effondrée sur des habitations, selon les journalistes présents.
Des images diffusées par des médias locaux montrent des habitants traversant des rues avec de l’eau jusqu’à la taille, cherchant les corps charriés par le torrent de boue. « Il est probable que des centaines de corps gisent sous les débris », a commenté le vice-président, Victor Foh, qui s’est rendu sur place : « La catastrophe est si grave que je me sens brisé ».
Une ONG locale, Society 4 Climate Change Communication (S4CCC-SL), a publié sur Twitter une vidéo montrant la violence du torrent boueux.
Le ministre de l’information, Cornelius Deveaux, a fait savoir que les autorités cherchaient toujours à identifier les victimes et leur nombre exact. Des militaires ont été déployés pour aider dans les opérations de secours.
Un médecin légiste de la morgue du Connaught Hospital, proche du lieu du drame, a lancé un appel à l’aide alors que les quatre ambulances du groupe hospitalier se sont rapidement retrouvées débordées. « La morgue est trop petite pour accueillir tous les cadavres », s’est-inquiété Sinneh Kamara au micro du média national Sierra Leone National Broadcasting Corp.
Un danger récurrent
Les inondations constituent un danger récurrent en Sierra Leone, où des habitations précaires sont régulièrement emportées par des pluies torrentielles. Il pleut six mois par an à Freetown, ville surpeuplée d’environ 1,2 million d’habitants.
En septembre 2015, des inondations avaient fait 10 morts et quelque 9 000 sans-abris dans la capitale de ce pays anglophone d’Afrique de l’Ouest. Le ministre de la santé avait à l’époque mis en garde contre les risques accrus de maladie, comme le choléra, en raison des inondations.

