
Diaryatou Bah est une Guinéenne qui a été excisée à huit ans. A 13 ans, soit avant l’âge de la maturité, elle a été donnée en mariage à un polygame âgé de 30 ans de plus, qu’elle retrouve au Pays-Bas.
C’est lorsqu’elle a eu 17 ans que son mari a quitté les Pays-Bas pour la France, rapporte la BBC. Ayant été victime de violences corporelles et conjugales, Diaryatou s’implique, en France, dans une dynamique d’appui aux femmes en fragilité et aux exclus.
Agée de 31 ans, elle raconte à l’AFP comment elle a été excisée : «On m’a demandé de suivre une femme dans une pièce et on m’a vêtue d’un simple pagne. Personne ne m’a dit ce qui allait se passer. On m’a tenu les bras, les jambes et j’ai été excisée. […] Le cri de l’excision, c’est un cri de douleur qu’on ne peut jamais oublier.»
Son mari ayant plusieurs femmes, elle est souvent abandonnée seule. « Je ne parlais pas français, je n’avais jamais pris le métro, je n’avais pas de papiers, j’étais coupée du monde», raconte-t-elle.
Les quatre ans de vie de couple ont paru à Diaryatou Bah quarante ans. Mais, selon la BBC, un soir, elle est tombée sur une émission où témoignent des femmes victimes aussi de violences. Pendant cette émission, elle a pu noter « assistance sociale » afin de « sortir de l’enfermement.»
Elle a ensuite bénéficié d’une prise en charge par l’Aide sociale à l’enfance, qui l’a mise dans un foyer de jeunes travailleurs. Là, elle apprend le français et est suivie par une association et une psychologue, ajoutent nos confrères de la BBC.
« C’est un témoignage de femme qui m’a sauvée. Ce que je veux c’est transmettre à mon tour. Les hommes aussi doivent s’engager en racontant ce que c’est d’être avec une femme qui a été excisée, qui n’a pas de plaisir et qui ne connait pas son corps», invite Diaryatou.
Victime d’excision, Diaryatou Bah a dénoncé cette pratique dans un livre sorti en 2006 intitulé « On m’a volé mon enfance ».
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