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Guinée: Présidentielle 2015, les trois obstacles sur la route de Dadis Camara

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Moussa Dadis Camara, l’ex-chef de la junte guinéenne, veut mettre fin à son exil burkinabé, pour briguer la présidentielle d’octobre 2015 dans son pays. Une ambition somme toute légitime, mais qui pourrait être compromise par le passé de cet ancien putschiste.

Il est l’un des tout premiers candidats déclarés à la prochaine élection présidentielle en Guinée Conakry. Le lundi 11 mai dernier, au cours d’une conférence de presse à Ouagadougou, l’ex-capitaine qui s’était emparé du pouvoir en 2008, avant d’être victime d’une tentative d’assassinat qui l’a éloigné du pouvoir l’année suivante, a annoncé sa candidature à la présidentielle du 11 octobre prochain. Le capitaine Moussa Dadis Camara se présentera sous la bannière des  »Forces patriotiques pour la démocratie et le développement ».

Lorsque l’inénarrable chef de la junte guinéenne, dont les intempestives sorties radiotélévisées avaient été baptisées par ses concitoyens  »Dadis Show », avait annoncé la nouvelle, beaucoup avaient pensé qu’il amusait la galerie, comme il en avait coutume. Or visiblement, cette fois-ci, l’homme qui coule un exil tranquille depuis 6 ans dans la capitale burkinabé, n’a pas l’air de plaisanter. Mais entre le désir de l’ancien putschiste qui veut mettre un terme aux souffrances des Guinéens qui n’auraient, selon lui que trop duré, et la concrétisation de cette ambition, il y a bien des étapes que l’homme doit d’abord franchir.

Dadis vit une déportation de fait

1 – Pour venir briguer la magistrature suprême de son pays, il va falloir que Moussa Dadis Camara puisse être d’abord autorisé à quitter le Burkina, où il avait été envoyé pour y passer sa convalescence, après les graves traumatismes causés par l’attentat qui a failli lui coûter la vie en 2009. Preuve que l’homme n’est pas libre de ses mouvements, en avril 2013, lors des obsèques de sa mère, il n’avait été autorisé qu’à passer quelques heures en Guinée, pour assister à l’enterrement à Nzérékoré. Aussitôt après la cérémonie, il est retourné dans son exil ouagalais.

2 – Dadis Camara vit une déportation qui ne dit pas son nom, au Burkina Faso, depuis la fin de son hospitalisation au Maroc il y a cinq ans, suite à ses graves blessures par balles à la tête. L’ex-capitaine porte indéniablement les séquelles de cette tentative d’assassinat. Pourra-t-il être physiquement et psychiquement apte pour exercer les plus hautes charges de l’État? Rien n’est moins sûr, car le postulant pourrait déjà être mis hors compétition, au stade de l’examen médical.

3 – Même s’il arrive à franchir les deux premiers obstacles, il risque de se heurter à un troisième : la justice de son pays. Le 28 septembre 2009, les hommes de l’ex-chef de la junte guinéenne ont ouvert le feu sur la foule de manifestants qui protestaient contre sa candidature à la présidentielle de 2010, au stade de Conakry. Bilan de ce massacre : 157 tués, des centaines de blessés et de nombreuses femmes violées par les militaires. Dadis Camara est visé par une enquête du parquet guinéen relative à cette affaire, à laquelle s’intéresse également la Cpi qui pourrait le poursuivre pour crimes contre l’humanité.

Source : linfodrome.com | Guinee360 – Actualité en Guinée Conakry

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