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Il y’a juste 100 ans lors de la 1ere guerre mondiale, la France soutenait le jeun des soldats musulmans

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Il y a 100 ans, le ramadan avait également lieu durant l’été. En pleine Grande Guerre, l’armée française avait dû s’adapter à la pratique religieuse de ses soldats musulmans. L’État-major avait donné des ordres pour faciliter la pratique du jeûne.

Alors que la période du ramadan touche bientôt à sa fin cette année, il y a 100 ans, elle s’apprêtait à débuter. En 1915, le mois sacré s’est déroulé du 13 juillet au 12 août. L’Europe est alors plongée en pleine Grande Guerre, entraînant dans son macabre sillage des soldats venus des quatre coins du monde, notamment de nombreux « poilus » de confession musulmane. L’armée française regroupe dans ses rangs environ 300 000 combattants originaires du Maghreb, sans compter les milliers de soldats musulmans parmi les quelque 180 000 tirailleurs venus d’Afrique noire.

Un contingent loin d’être négligeable sur le front et dont les autorités ont saisi toute l’importance. Dès le 26 juin 1915, le ministère de la Guerre prend des dispositions à l’approche du ramadan. Une dépêche officielle décrit les mesures à prendre à l’égard des soldats concernés : « À partir du 12 juillet au soir, les militaires musulmans qui auront déclaré vouloir jeûner pourront prendre leurs repas aux heures suivantes : café du matin reporté au coucher du soleil. Déjeuner trente minutes environ après le café. Dîner vers 23 heures. En pays musulman, la rupture du jeûne est annoncée, chaque soir, par un appel à la prière. Cette pratique n’étant pas réalisable en France, les musulmans seront laissés, dans chaque groupement, libres de fixer le moment où ils croiront devoir prendre leur premier repas ».

Des accommodements très pragmatiques

L’armée française n’a pas attendu la première période du ramadan du conflit pour se soucier de la pratique religieuse de ses combattants. « Dès 1914 et les premiers mois de la guerre, le ministère de la Guerre a ordonné aux officiers de donner aux soldats musulmans un peu de répit lors des fêtes religieuses et de leur permettre de prier en commun », explique ainsi Richard S. Fogarty, professeur de l’Université d’Albany aux États-Unis et auteur de « Race & War in France, Colonial Subjects in The French Army (1914-1918) » (Race et Guerre en France, les sujets coloniaux dans l’armée française) ».

Pour l’historien, cette tolérance et ces accommodements ont toutefois une visée très pragmatique voire politique. Les autorités françaises craignent en effet, à l’époque, l’éruption de troubles dans les colonies si les familles venaient à entendre parler d’un manque de respect à l’égard de la religion ou d’autres pratiques culturelles au sein de l’armée. Le gouvernement est aussi soucieux de répondre à la propagande allemande. Alors que dans le camp adverse, l’Empire Ottoman allié à l’Empire germanique a lancé, en novembre 1914, un appel au jihad, les Français se doivent d’entretenir la loyauté de leurs soldats musulmans afin de ne pas risquer qu’ils rejoignent « leurs frères » de religion. « Les autoriser à observer le jeûne du ramadan durant la journée, leur servir leur repas après le coucher du soleil et les informer des fêtes religieuses du mois sacré, cela peut être considéré comme de la ‘bonne politique’. De cette façon, les soldats pouvaient voir des preuves concrètes des précautions prises par l’armée pour respecter leur religion et leurs usages », souligne ainsi Richard S. Fogarty.

Source: France24

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