
Tout ça pour ça ! Des dizaines de morts et des milliards de francs de dégâts — pour un pays qui, comme le Sénégal, fait partie des plus misérables du monde —, sans compter une année d’anarchie et de foutoir généralisé plus tard, le Burkina Faso vient de se doter d’un nouveau président.
Côte d’Ivoire : la drôle de victoire d’ADO
Non loin de là, dans la Côte d’Ivoire voisine, le président Alassane Dramane Ouattara (ADO), candidat du Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) a été réélu avec… presque 84 % (83,66 plus exactement) des suffrages exprimés le 25 octobre dernier. Un score plus que soviétique que même dans les dernières démocraties populaires du monde on n’ose plus proclamer ! Son principal challenger, largué dans les cordes, n’a pas pu faire mieux que 9 %. Et pour cause, puisque ledit « adversaire », Pascal Affi Nguessan, a été choisi par le président Alassane Dramane Ouattara lui-même qui a tout fait pour que le Front Populaire Ivoirien (FPI), le principal parti de l’opposition, ne présente pas de candidat à l’exception de ce fantoche. La redoutable machine étatique ivoirienne a choisi le responsable le plus accommodant du FPI pour le coopter, lui donner les fonds gelés de cette formation ainsi que les moyens de battre campagne afin de crédibiliser la réélection annoncée de ADO. Le patron du Rassemblement des Républicains (RDR) dont le véritable adversaire, l’ancien président Laurent Gbagbo, est emprisonné à la prison de Scheveningen, aux Pays Bas, sous des accusations grotesques de « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité ». Or, tout le monde sait que le seul homme politique ivoirien en mesure d’inquiéter Alassane Dramane Ouattara, c’est, bien sûr, Laurent Gbagbo dont l’épouse, Simonne, purge une peine de 20 ans de prison en Côte d’Ivoire même. En même temps, l’ancien patron des jeunesses du FPI, Charles Blé Goudé, est lui aussi détenu aux Pays Bas aux côtés de son ancien mentor. Curieusement, aucun des « comzones » de l’ancienne rébellion des Forces nouvelles, celle-là même qui porta au pouvoir ADO et dont le leader n’était autre que l’actuel président de l’Assemblée nationale ivoirienne, l’honorable Guillaume Soro, aucun de ces « comzones », donc, n’a été inquiété par la Cour pénale internationale (CPI). Inéquitable « justice » internationale ! Des « comzones » qui, plutôt que d’être envoyés en prison pour expier leurs crimes de guerre ont été promus à de hautes responsabilités au sein des forces de défense et de sécurité ivoirienne ! Bien évidemment, à vaincre sans le péril qu’aurait pu représenter pour lui l’homme qu’il a renversé en 2010 après que l’aviation française eut bombardé son palais, le président Alassane Dramane Ouattara n’a pu que triompher sans gloire à l’issue de la parodie d’élection présidentielle ivoirienne d’octobre dernier.
Guinée : le triomphe de l’ingénierie électorale du camarade Condé
Quittons la Côte d’Ivoire mais sans aller trop loin. Arrêtons-nous en Guinée où le vieux camarade de lutte (ainsi que les Béninois appelaient le défunt président Kérékou) Alpha Condé a réussi un « coup KO » en battant son éternel adversaire Cellou Dallein Diallo et en se faisant réélire dès le premier tour de la présidentielle d’octobre. Oh certes, le leader du RPG (Rassemblement du Peuple de Guinée) n’a pas eu besoin d’un score soviétique pour rempiler puisqu’il s’est contenté d’un minimum syndical de 58 % environ qui a suffi largement à son bonheur. La caractéristique principale de tous ces scrutins présidentiels qui se sont tenus dans la sous-région ces deux derniers mois c’est que tout a été plié dès le premier tour, les seconds étant en général mortels pour les présidents sortants. On notera que, cette fois-ci, le camarade Alpha Condé n’a pas eu besoin de recourir à de la prestidigitation électorale pour s’imposer. Ce contrairement à ce qui s’était passé en 2010 lorsque le Pr Condé avait réussi la remontée électorale la plus miraculeuse de l’histoire. En retard de presque 20 points par rapport à Cellou Dallein Diallo, candidat de l’UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée), il avait réussi l’exploit de le coiffer au poteau à l’issue du second tour ! Les mauvaises langues prétendent que les miracles de l’informatique ainsi que le discret coup de pouce du ministre des Affaires étrangères français de l’époque, un certain Bernard Kouchner, par ailleurs grand pote de Condé, avaient été pour beaucoup dans cette victoire incroyable.
Cette fois-ci, toutefois, tout s’est joué en amont. Notamment en Haute Guinée où, d’après les partisans de Cellou, il y a eu plus de nouveaux électeurs inscrits que dans tout le reste de la Guinée ! On notera que dans les trois grandes villes de cette même région de Haute Guinée, Alpha Condé gagne plus de voix que dans toutes les autres régions de Guinée ! Honni soit qui mal y pense. A l’évidence, la victoire dès le premier tour du grand camarade de lutte ne tient pas qu’à son bilan ni à sa supposée popularité. En tout cas, cette réélection est tellement surprenante que Cellou Dallein Diallo en est resté sans voix depuis lors. Il est vrai que le slogan du vieux président Condé était « un coup KO ». On notera qu’aussi bien en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso qu’en Guinée, les trois présidents élus ou réélus ont en commun le fait de ne pouvoir rien refuser à l’homme d’affaires français Vincent Bolloré. Là également, honni soit qui mal y pense !
Mamadou Oumar NDIAYE
« Le Témoin » quotidien


En ce qui concerne la Guinée,les ne doivent s’emprendre qu’a eux même.ils sont morts pour rien.
Juste une question à celui qui a écrit cet article, connait il le BURKINA ou bien son analyse est juste basée sur les info de F24 et compagnie. Qu’il saches simplement que le nouveau pouvoir à peur du peuple Burkinabé car il sait que celui ci est capable de clémence et de pardon, mais n’accepte plus la malgouvernance