ActualitéDr Dansa Kourouma président du CNOSC

Dr Dansa Kourouma président du CNOSC
Dr Dansa Kourouma président du CNOSC
Dr Dansa Kourouma président du CNOSC

« Les politiques doivent arrêter d’inciter la population à la guerre… »

 Dr. Dansa Kourouma est le président du Conseil National des organisations de la société civile guinéenne (CNOSC). Dans un entretien qu’il a accordé à notre rédaction, il aborde les questions d’intérêt national. Notamment celles relatives à  l’assassinat de Thierno Aliou Diaouné, mais aussi de la vie politique en cette période préélectorale.

Le vendredi dernier la liste des victimes des assassinats s’est allongée par la disparation de Thierno Aliou Diaouné. Votre réaction ?  

Dr. Dansa Kourouma : Ce crime odieux et lâche marque l’irresponsabilité notoire de l’Etat face à l’insécurité grandissante qui menace la quiétude sociale et la cohésion nationale. Nous condamnons avec fermeté cet acte barbare, inhumain et révoltant qui rappelle d’autres crimes de même nature qui, à nos jours restent non élucidés, donc impunis. La société civile guinéenne qui attache un prix fort à la sécurité des personnes et de leurs biens, se réserve le droit d’entreprendre une série d’actions visant à faire respecter les droits élémentaires des citoyens. L’assassinat des cadres de haut niveau est de nature à expurger l’élite nationale de ses femmes et hommes de valeurs, compromettant dangereusement le processus de développement national. La société civile exige au Gouvernement de faire toute la lumière sur l’assassinat de notre regretté Thierno Aliou Diaouné et que les auteurs, commanditaires et complices soient traqués, jugés et condamnés à la hauteur de leur forfaiture.

Comment réagissez-vous à certains discours politiques qui sentent le début d’un affrontement ?

Si les politiciens ont le plein droit de protéger les suffrages de leurs électeurs, ils n’ont pas le droit non plus de scander certains slogans ou propos incitant à la violence ou à la haine. Ce sont des faits qui sont tout à fait condamnés par la constitution guinéenne. Celle-ci, dans son préambule et son titre premier, interdit les propos qui appellent à la haine ou qui incitent à la violence. Le débat sur les questions identitaires doit disparaître dans le discours politique. Nous avons assisté à un premier et deuxième tours de l’élection présidentielle en 2010, caractérisée par beaucoup de propos et comportements communautaristes. Mais la société civile n’a pas eu toute la capacité nécessaire de répondre à ces propos. Mais aujourd’hui, il faudrait bien que nous constituions un bouclier fort pour ne pas que le virus de l’ethnicisme, du régionalisme puisse  s’emparer de l’esprit des Guinéens. Nous avons aujourd’hui un ennemi commun, c’est Ebola et après Ebola, ce sera la pauvreté. Tant qu’il y a un Guinéen qui ne gagne pas à vivre, je crois que la guerre doit être déclenchée contre cette pauvreté. Nous devons faire front commun pour barrer la route à Ebola. Tout ce que je sais, c’est que tout discours incitant à la haine, à la violence, doit disparaître des propos de nos leaders politiques quelle que soit leur obédience. Les politiques doivent arrêter d’inciter la population à la guerre. La Guinée n’a pas connu de guerre dans le temps et ne connaîtra pas de guerre. Mais ce qui est essentiel, c’est que le jeu politique est réglementé par les lois de notre pays, on doit s’interdire tout propos tendancieux. Il revient à la société civile de veiller à ce que le discours politique soit civilisé et qu’il n’heurte pas la légalité constitutionnelle essentiellement. Je refuse de prendre une position partisane. Mais ce qui reste clair, tout propos incitant à la haine ou à la violence, est condamné par la loi.

Nous sommes un pays avec une diversité ethnique, culturelle, régionale, nous devons veiller à ce que l’unité nationale soit matérialisée entièrement et pleinement dans chaque discours politique. Parce que c’est la clé de voûte du développement de notre pays. On ne peut exclure aucune région ni aucune composante sociale de notre pays de son développement. Les leaders politiques doivent faire preuve de responsabilité, d’éthique dans leurs discours. Nous acceptons que les débats soient ouverts ou serrés, que les tons montent ou diminuent, mais ils doivent être conformes aux dispositions prévues dans nos lois qui garantissent le pluralisme et ils doivent respecter les valeurs identitaires tels, le caractère républicain, laïc et unitaire du pays.

Propos recueillis par

Aly Badara Condé

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