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Guinée : L’Etat passe aux aveux «nos routes sont muettes »

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Le peuple de Guinée est indigné par la mort tragique de 21 citoyens dans un accident de la circulation survenu le weekend dernier à Yoroguiya dans la préfecture de Dubréka. Une vague d’indignation qui habite également le ministre de la Sécurité et de la protection civile, Me Abdoul Kabèlè Camara.

Il l’a fait savoir dans l’émission Les Grandes Gueules de la radio Espace FM ce lundi 8 mai. D’entrée, le ministre a saisi l’occasion pour présenter ses condoléances à toutes les familles éplorées et ceux qui ont perdu un être cher à l’occasion de cet accident.

«Egalement ma compassion et la compassion de l’ensemble des services de la sécurité à ceux-là qui sont blessés, qui sont meurtris et qui sont actuellement hospitalisés. Hier, j’ai pu accompagner, sur instruction de Monsieur le président de la République, le Premier ministre dans les îles Kaback, pour présenter les condoléances du gouvernement aux familles respectives. C’est un sentiment de désolation. C’est vraiment regrettable, ce qui s’est passé, dû à plusieurs facteurs. Je suis consterné à l’instar de tous les Guinéens. Tous les usagers de la routé, le gouvernement et tous les citoyens guinéens sont consternés par ce triste accident», a témoigné Me Abdoul Kabèlè Camara.

Effet d’annonce

Evaluant la portée de la problématique du phénomène, l’invité du groupe Hadafo Médias a indiqué que le mal est plus profond que l’on ne puisse l’imaginer. Et pour inverser la tendance ou tout au moins changer la courbe du taux de décès suite aux accidents de la circulation, Me Kabèlè a déclaré ce qui suit :

«Nous allons procéder, et le président de la République l’a dit le samedi, à une très grande réforme de la sécurité routière. Vous savez, la sécurité routière est transversale. Il y a beaucoup de ministères qui sont concernés : les travaux publics, les transports, en plus, la sécurité routière du ministère du ministère de la Sécurité, les citoyens, les syndicats des transporteurs, les chauffeurs. Tous sont concernés. Parce que chacun joue un rôle primordial pour la prévention», a-t-il soutenu.

«On doit mettre l’accent sur la prévention d’abord. Et dans le cadre de la prévention, la première réforme à engager tout de suite, c’est la mise en place et le fonctionnement d’une agence nationale de la gestion des catastrophes et une cellule de gestion des catastrophes qui doivent être installées immédiatement», a poursuivi l’orateur.

Mais de l’avis des analystes, aucune de ces mesures n’est étrange. Le même refrain a été entonné à chaque fois que le pays a été endeuillé par des accidents qui ne méritent même pas de survenir. Et la transversalité dont il s’agit implique la sensibilisation de l’ensemble des usagers de la route, notamment les chauffeurs et les citoyens même qui ont chacun sa part de responsabilité à prendre.

« Sinon comment peut-on imaginer plus de 50 personnes dans un véhicule d’environ 22 places. Alors, c’est une responsabilité collective. Allons-y pas-à-pas. Il faut rester d’abord dans le cadre de la prévention. Et la prévention, c’est du domaine, et de l’Etat, et des citoyens, mais également de tous les organismes qui concourent à la sécurité routière. C’est très important », a fait remarquer Me Camara avant de passer aux aveux.

«Cette route-là, vous pensez qu’elle est exiguë, elle a été faite et refaite dans combien de temps ? Depuis combien d’années ? Ensuite, une route doit être parlante. Il y a des lignes continues et des lignes discontinues qu’on doit tracer, des lignes pour dire que là, on peut faire un dépassement, là, on ne peut le faire. (Malheureusement !) Nos routes sont muettes. Egalement, il y a que les routes sont en mauvais état. Aussi, parmi les chauffeurs, il y en a qui n’ont même pas le permis de conduire, qui n’ont jamais été à l’auto-école et qui ne connaissent pas le Code de la route. Sans quoi, comment on peut avoir plus de 50 personnes dans un véhicule et faire un dépassement en troisième position, sans respecter les règles minimales de prudence ? Je pense que les importateurs de véhicules, les véhicules qui doivent être mis en circulation, il faut maintenant réglementer tout cela. La visite technique devrait être imposée», a lâché, entre autres, le ministre en guise de solution.

 

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