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Guinée: Nouman Condé, jeune diplômé qui roule sa bosse dans une pépinière à Kindia

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Guinée: Nouman Condé, 27 ans est originaire de Kouroussa. Depuis son enfance, il vit à Kindia. Diplômé en lettres modernes à l’université de Foulaya, le jeune Condé donne des cours de français dans des écoles secondaires privées à Kindia. Depuis 2007, année à laquelle il est entré à l’université, il entretient parallèlement, une pépinière d’orangers et de manguiers.

« J’étais dans des difficultés. L’idée de mettre en place une pépinière m’a traversée l’esprit. Ce, pour résoudre certains de mes problèmes pendant l’année académique. Ainsi, je me suis approché des agronomes pour qu’ils m’initient à mettre en place une pépinière. C’est comme ça que tout est parti », raconte-t-il.

Aujourd’hui, plus de 80% des besoins du jeune Nouman sont satisfaits grâce à la pépinière de 4000 pieds.

Quand les plantes arrivent à maturité, pour être dispersées, comment vous faîtes ?

Une fois cette période arrivée, nous mettons le greffage, après le greffage, nous les vendons. De la mise sous la terre les graines, à la montée de la plante et puis le temps du greffage, ça nous prend neuf (9) mois. Ça trouve que la plante est arrivée à la maturité, et on peut vendre.

Combien coûte une plante, et qui sont vos clients ?

Une plante greffée est vendue à dix mille francs guinéens. Ce sont des guinéens qui viennent acheter. Certaines personnes viennent faire des commandes. Et ça, ce n’est pas permanant. Parfois, comme nous sommes au bord de la route nationale, nous étalons ici. D’autres passagers s’arrêtent pour acheter 10 à 30 plantes selon leurs moyens ou leurs besoins.  Ça marche quand même.

Faire une pépinière demande-t-il assez de moyens ? Si oui, lesquels ?

D’abord, il nous faut un espace, des plastiques, de l’eau, de l’engrais, etc. on achète les plastiques. Une fois qu’on a les plastiques, on cherche à préparer le terreau. Après avoir fini de préparer le terreau, on mobilise des enfants, on les paye pour le remplissage des sachets. Le remplissage achevé, on vient mettre en ligne les sachets. Puis, nous partons prendre les plantiers pour venir les repiquer dans les sachets.  Ainsi, nous suivons l’évolution des plantes en les entretenant pour ne pas qu’elles tombent malades jusque le moment de greffage arrive. Et habituellement, le moment de greffage c’est entre février-avril.

Qu’en-est-il de l’obtention de l’eau pendant la période sèche?

Nous n’avons pas assez de difficultés à ce niveau, parce que nous avons un barrage à côté. En plus, il y a une rivière qui ne tarit pas en ce moment.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontées ?

Au niveau des produits, nous avons assez de problèmes. Les insecticides, c’est ce qui nous manque souvent. L y a beaucoup de maladies qui se présentent sur les feuilles des orangers. Et avec ça, l faut faire le traitement à temps. Les autres équipements pour l’entretien nous manquent. L’obtention de l’engrais que le gouvernement a envoyé nous pause assez de difficultés. Une fois que l’engrais arrive au magasin de stockage, vous trouverez que les gens revendent à ceux qui ne travaillent pas. Donc nous les agents de terrain nous n’avons pas accès. L’engrais qui vient a un prix qui est déjà fixé. Maintenant, les gens chargé de stocker revendent à des commerçants qui, à leur tour revendent à des prix exorbitants. Ce qui ne favorise pas aux paysans d’en avoir. L’année écoulée par exemple, moi je suis allé chercher  de l’engrais en ville, j’ai sillonné partout à Kindia, on m’a dit que c’est fini dans les magasins de stockage. Pourtant, pendant ce temps, il y avait des commerçants qui partaient s’en procurer. Finalement, j’ai racheté chez un commerçant avec son prix à lui. On est tenu obliger si non nos plantes ne vont pas bien donner.

Un message à l’endroit de la jeunesse guinéenne ?

J’invite les jeunes guinéens comme moi de revenir dans ce secteur (agriculture) qui est l’élément primordial pour tout développement. Si vous voyez aujourd’hui les autres pays développés par rapport à nous, en remontant dans leur histoire, vous comprendrez qu’ils se sont basés sur l’agriculture pour sortir la tête de l’eau. Je lance un appel à toute la jeunesse guinéenne à venir travaille la terre parce qu’elle ne ment pas. Ça peut résoudre les 80% des besoins de l’intéressé. Depuis que j’ai fini mes études en 2010, je n’ai pas eu d’emploi au niveau de la fonction publique, mais je parviens à satisfaire les 80% de mes besoins grâce à ma petite pépinière. Elle a un impact positif dans ma vie d’aujourd’hui. Mes formations en informatique, j’ai pu les réaliser grâce à ma pépinière. Je donne des cours dans écoles privées ici à Kindia, mas ce que je gagne là-bas c’est peu. Mon plus grand soutien, c’est ma pépinière. Elle me lance beaucoup.

Entretien réalisé à Kindia par Ali Mohamed

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