
Suite aux violences des gendarmes de l’escadron n°3 de Matam dont ils ont été victimes le 31 octobre, les journalistes guinéens sont descendus dans la rue ce mardi 7 novembre 2017.
Très en colère contre la Haute Autorité de la Communication (HAC) pour son silence sur ces événements, mais aussi la suspension de la radio Espace, les journalistes ont lancé des slogans hostiles à l’organe de régulation des médias guinéens et sa présidente, Martine Condé.
« Pas de démocratie ni d’Etat de droit sans presse indépendante », « Nous ne reconnaissons plus la HAC dans sa configuration actuelle », « Marche de la colère » ; « Nous ne sommes pas des gibiers », c’est entre autres des slogans que l’on pouvait lire sur différentes pancartes.
« Je pense que nous sommes là pour la liberté de la presse et surtout pour le respect de la loi. On ne peut pas comprendre qu’une folle se retrouve à la tête d’une institution, qu’elle essaie de prendre des décisions comme bon lui semble et que rien ne se passe. C’est juste incompréhension. Si on se lasse faire on est mort», a prévenu Lamine Guirassy, patron de la radio Espace FM.
Le colonel Mamadou Alpha Barry, chargé de communication du Haut commandement de la gendarmerie nationale était présent à cette marche. Pour lui, son institution ne peut pas travailler sans la presse et vice-versa : «Nous ne pouvons rien faire sans vous et vous pareillement. C’est la raison pour laquelle quand nous avons des activités les journalistes sont sur les premiers plans, parce que ce que nous faisons c’est vous qui l’extériorisez. Ça ne nous arrange pas que les journalistes partent en grève. »
Suite aux violences exercées contre elle le 31 octobre, la presse a décidé de porter plainte contre l’escadron n°3 de Matam. Mais le colonel Barry une formule une demande aux journalistes : « Si vous pouvez retirer la plainte, il faut la retirer. Venez au niveau du Haut commandement. On va gérer les choses ensemble. Moi je pense que c’est mieux. »
Du matériel de travail des journalistes a été détruit par les gendarmes à Matam. Pour le responsable de la communication du Haut commandement de la gendarmerie dit qu’il est dans l’incapacité de rembourser ce matériel sinon il l’aurait fait le même jour : « Je ne suis pas décideur. Je suis juste un chargé de communication. Donc si je pouvais prendre de ma poche acheter le matériel c’est au niveau de l’escadron n°3 que j’allais restituer à chacun sa camera, sa tablette et son dictaphone. »
Le dépôt de cette plainte est prévu le jeudi 9 novembre 2017 au tribunal de première instance de Conakry III (Mafanco).

