
Le président du Bloc libéral (BL) ne trouve pas d’inconvénients à la reprise de manifestations par l’opposition républicaine.
«C’est un droit constitutionnel», souligne Dr Faya Milimouno qui, toutefois, dit ne pas être concerné et se focaliser sur son projet de réunification de l’opposition. Sur sa récente rencontre avec le président de l’UFR, Sidya Touré, par ailleurs Haut représentant du chef de l’Etat, l’opposant pense qu’une alliance est possible, même si la question ne serait pas d’actualité.
Guinee360.com: L’opposition républicaine a annoncé la reprise de manifestations politiques à partir du 20 septembre prochain. Quelle est la position du Bloc libéral?
Dr Faya Milimouno: Au niveau du BL, nous n’avons jamais d’objection qu’une entité manifeste. C’est un droit constitutionnel que tout le monde est en droit d’exercer. Donc, nous savons que c’est en ligne avec les Accords politiques qui ne sont pas respectés. Nous pensons qu’il est tout à fait normal que l’opposition prenne des actions.
Allez-vous rejoindre la démarche?
De notre côté, nous sommes focalisés sur notre projet de réunification de l’opposition parce que ce que nous sommes en train, à notre avis, de s’accrocher aux effets sans toucher les vraies causes. On est dans une démarche beaucoup plus global que ce qu’a entrepris l’opposition républicaine, non pas pour dire que ce n’est pas pertinent. Récemment, vous avez rencontré le président de l’UFR et Haut représentant du chef de l’Etat, Sidya Touré.
Est-ce le début d’une nouvelle alliance électorale ou dans le cadre de la réunification de l’opposition?
Quand des leaders politiques se rencontrent, ils parlent de beaucoup de choses dont on n’a pas besoin de mettre certains sur la place publique. Mais, des concertations dans le cadre politique se font. Le souci premier que nous avons à date c’est comment voir l’opposition dans son ensemble réunifiée pour reprendre les forces nécessaires pour faire face aux enjeux du moment. Les alliances sont possibles sur un terrain politique, mais on n’en a pas encore évoqué.
Cela fait plusieurs semaines maintenant depuis que vous avez commencé les démarches pour la réunification de l’opposition qui n’est toujours pas effective. Où se situe le blocage?
Rien ne bloque, nous ne sommes qu’au début. C’est une démarche qui est entamée et qui suit son cours. Il y a eu plusieurs acteurs de l’opposition qui ont été rencontrés et des suggestions ont été faites à un moment donné de mettre en place un comité de réflexion pour faire l’état des lieux. Le comité est en train de se constituer au fur et à mesure des contacts et déjà, le travail a commencé. Le comité va se renforcer au fur et à mesure que nous continuons les rencontres avec d’autres acteurs de l’opposition. On a en vue, aujourd’hui, un rendez-vous avec le leader Taran Diallo ainsi que les leaders de la NGC, l’UMP… Nous sommes en train d’identifier plusieurs acteurs pour renforcer la démarche. Lorsque nous écouterons le compte rendu que nous fera le comité, nous vous ferons part de l’évolution des étapes que nous franchissons.
Quand vous avez engagez votre démarche, le chef de file de l’opposition a suggéré que le BL revienne d’abord dans les instances de l’opposition républicaine pour que les négociations se fassent à l’interne. Cellou Dalein vous avez même adressé un courrier dans ce sens. Comment comptez-vous vous y prendre?
Le parti a reçu l’invitation de retourner à l’opposition républicaine. Nous n’avions jamais quitté cette opposition. Nous avions trouvé simplement que l’opposition républicaine n’a pas fonctionné à la hauteur de nos ambitions. Nous avons besoin, aujourd’hui, de travailler à la réunification de l’opposition. Je respecte le point de vue du chef de file de l’opposition, mais on doit aussi tenir compte des ambitions légitimes que nous avons. Nous avons écouté le point de vue du chef de file et lui aussi nous a écoutés. Je crois qu’on est d’accord que les positions de chacun sont toujours pertinentes. Pour le BL, l’objectif c’est d’avoir l’opposition unie.
Elle a été créée avec la participation de plusieurs entités. Alors, aujourd’hui, beaucoup ne sont plus de l’opposition républicaine. Est-ce que cela vaut la peine de faire un diagnostic. Nous ne sommes pas dans les démarches ‘‘excusons-nous, pardonnons-nous’’. Non, non!
On ne cherche pas à avoir raison. Ce n’est pas une question du gendre ‘‘je m’excuse, et j’accepte’’. Il est question de faire un diagnostic de l’opposition en profondeur et jeter les bases d’un progrès vers une alternance.
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