Connect with us

Alpha Condé : l’échec! (Par Alpha Saliou Wann)

Publié

Le

En mars 2015, le président Alpha Condé disait qu’il va gagner à la présidentielle dès le premier tour sans tricher. Mission impossible. Il sait qu’il est minoritaire et c’est pourquoi, il passe par tous les moyens, particulièrement par la violence pour imposer un système de fraudes aux élections.

A la mort du général Lansana Conté en 2008, Alpha Condé pensait que la voie était désormais libre pour lui parce qu’il n’avait plus, selon lui d’adversaire de taille pour l’affronter. Pour lui, les Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Lansana Kouyate ne représentaient rien

sur le plan électoral, persuadé qu’il était que ces derniers sont associés à l’ère Conté.

Les résultats du premier tour furent un choc terrible pour lui. Il en garda une haine profonde contre ces anciens PM, mais aussi les guinéens coupables à ses yeux de l’avoir ridiculisé.

C’est un président en manque de légitimité qui avait entamé son mandat. Mais il bénéficiait encore du mythe de l’opposant historique et du dirigeant aux mains propres.

Dès les premiers mois de son pouvoir, ce mythe volera en éclats. Les violences terribles sur des militants venus accueillir leur leader et celles qui ont suivi sur des manifestants pacifiques, les affaires dont celle des 25 millions de dollars de Palladino ont fini par écorner gravement son image dans l’opinion.

Cette image négative lui colle à la peau depuis bientôt cinq ans. Et contrairement à ce que pensent ses communicants, une élection présidentielle ne se joue jamais dans la dernière ligne droite.

Cette campagne dans le pays profond ne va pas changer son image, ni le jugement déjà fait sur son incapacité à résoudre les préoccupations des populations.

Les électeurs prennent leur décision bien avant l’entrée en campagne qui est finalement une sorte de théâtre, la fête au village où on observe les spectacles offerts par les différents candidats.

Plusieurs facteurs ont contribué à façonné dans l’imaginaire populaire que Alpha Condé n’est plus l’Homme de la situation, car en dépit de la violence de sa campagne en 2010 axée sur des thèmes ethniques, beaucoup de guinéens pensaient, y compris dans le camp de ses adversaires, qu’il allait changer la Guinée.

Hélas! C’est un homme blessé qui va chercher à se venger et en le faisant, il a gaspillé tout son capital initial de confiance.

Son réveil tardif qui est assimilé à des calculs politiques pour se maintenir au pouvoir ne changera pas la lame de fond de son échec programmé, même s’il s’impose par la force, cela ne serait qu’une victoire à la Pyrrhus, donc non durable.

Au fil des ans, avec la crise et le besoin des nouvelles générations de voir leurs conditions de vie s’améliorer, les guinéens pensent que l’autorité et la compétence sont des qualités essentielles pour un président. Il a perdu la première et n’a pas la seconde. Ses aveux sur son incapacité de régler les vrais problèmes des populations parce qu’il ne connaît pas les cadres guinéens, malgré qu’il revendique 50 ans de vie politique a fini de convaincre même ceux qui en doutaient, qu’il ne pourra rien changer en bien dans notre pays. On se demande d’ailleurs avec qui il faisait de la politique s’il dit ne pas connaitre les cadres guinéens.

Peut on prendre au sérieux un homme politique qui s’est présenté par trois fois à l’élection présidentielle, qui dit que son échec est dû au fait qu’il ne connaît pas les cadres de son  pays? Ou bien il comptait gouverner le pays avec ceux qui disent selon lui RPCÉ? Il a contribué à renforcer son image de président incompétent.

Un président incompétent ne peut se maintenir au pouvoir sans exercer la violence sur les populations. Malheureusement nous ne sommes plus dans les années 1960 où l’impunité était garantie aux dictateurs. La seule alternative de se maintenir au pouvoir, même en étant autoritaire, c’est de réussir sur le plan économique. En contrepartie de la privation d’une partie de leurs libertés, les populations se contentent de la prospérité économique. C’est le cas des chinois ou des rwandais. Certes, ce sont des dirigeants autoritaires, mais ils sont efficaces sur le plan économique. Malheureusement, ce qui n’est pas le cas de Alpha Condé. D’ailleurs, l’autoritarisme des uns n’est pas synonyme de tueries de leurs populations. Sur ce point aussi, Alpha Condé fait tuer de pauvres manifestants et il nous impose sa propagande sans création de richesse.

Depuis qu’il est au pouvoir, il n’est pas parvenu à créer de la richesse pour les guinéens, malgré une conjoncture favorable et la bonne volonté du couple FMI/BM avec notamment le PPTE.

Il n’a pas réussi à faire décoller la croissance économique qui était de 2,3% en 2013 (avant Ebola), ce qui ne couvre pas le taux de croissance de la population de de 3% donc le pays s’appauvrit davantage. Nous avons les taux de croissance les plus médiocres de la sous région. Or, pour inverser la courbe de la pauvreté, il faut une croissance minimum de 7% par an sur une longue période.

Sans croissance, pas de création de richesse et donc pas de création d’emplois.

A cause de sa politique minière désastreuse, clientéliste, ce secteur moteur de notre croissance est sinistré, avec des destructions d’emplois massives suite aux fermetures d’usines et de sociétés, au gel des investissements etc.

Pire scénario pour nous, le ralentissement chinois a conduit à la chute brutale des prix des minerais dont le fer, fini donc son rêve du Simandou.

Qu’est ce que les guinéens retiennent de son mandat? Une seule chose : la perte de leur pouvoir d’achat, leur pauvreté croissante. Ils tirent le diable par la queue sur l’ensemble du pays et ils n’ont aucun espoir que cela change.

Alpha Condé ne fait plus rêver même ses partisans. Et plus il promet, plus il aggrave son cas.

Ce qu’il n’a pas fait pour eux en cinq,rien ne prouve qu’il le pourra pour les cinq prochaines années, même s’il leur répète inlassablement qu’il règlera tous leurs problèmes durant son second mandat. Il pensent que les populations de Mali sont si idiotes de le croire sur parole lorsqu’il leur dit que dans cinq ans leur préfecture, qui est est l’une des plus pauvres de la Guinée, sera plus développée que le Sénégal. Partout en Guinée, on l’écoute en riant sous cape.

En 2011, son slogan, chanté à toutes les occasions, était de faire de la Guinée un pays émergent en 2015. Avant le Nigéria, le Maroc ou le Ghana. Où est cette émergence? Où est l’autosuffisance alimentaire, où sont les routes, les hôpitaux, les universités, les PME créatrices d’emplois? Au lieu de cela, ses partisans nous parlent de quelques hôtels en chantier, pas plus de cinq, en comparaison, en 2014, on dénombrait 744 hôtels au Sénégal, un pays qui a une longue tradition de tourisme. Le Cap- Vert quant à lui comptait 222 hôtels en 2013, ses recettes tirées du tourisme sont passées de 40 millions de dollars en 2000 à près de 350 millions de dollars en 2012, soit plus que le total de nos recettes minières.

En face, on a aucune politique touristique, notre Laye Junior Condé national se débattait pour débloquer son petit budget de fonctionnement de l’Office National du Tourisme,  comme on le voit qui n’est qu’une coquille vide.

Ces hôtels resteront vides, faute d’une vraie industrie touristique et surtout, le manque d’attractivité du pays.

Finalement, il sera difficile à Alpha Condé de se débarrasser de l’image du président qui ne tient pas ses promesses, celui qui n’a pas les compétences techniques nécessaires pour gouverner, que les guinéens ont de lui.

Fermant les yeux sur son impopularité, il pense que le temps d’une élection, il peut se permettre l’achat des consciences en distribuant à tour de bras des milliards de francs glissants.

Vous vous rendez compte, 250 millions pour les artistes venus l’accueillir à Kankan, 1,5 milliards à Faranah, Kouroussa et en ce moment dans chaque sous-préfecture visitée du Foutah, 100 millions pour les jeunes et les femmes, sans compter ce qui est distribué dans les coulisses.

Il fait preuve d’oubli incroyable de ce que lui-même disait à ses partisans durant les périodes électorales sous Conté, «s’ils vous donnent de l’argent, prenez et bouffez, c’est votre argent, mais votez pour votre candidat». C’est ce qui va lui arriver lui aussi cette année; nous avons tous vu lors des législatives de 2013 l’exemple de Kaloum qui est un cas d’école édifiant du comportement des électeurs guinéens qui font espérer le pouvoir, prennent l’argent, mais pour après le sanctionner dans les urnes.

S’il avait fait une tournée nationale de prise de contact avec les populations au début de son mandat, il en aurait tiré certainement les bénéfices politiques, mais aujourd’hui, même ses partisans ont compris qu’il ne vient vers eux que lors des élections, après c’est pour prendre du bon temps dans les palaces à travers le monde loin de leurs préoccupations.

Avec son hélicoptère, il survole leurs problèmes; durant son mandat toutes les routes se sont fortement dégradées faute d’entretien, alors que c’est le minimum qu’il puisse faire. Il a lancé des chantiers interminables, comme celui de l’autoroute km 36- Coyah, par comparaison ADO à réalisé des grands projets d’infrastructures sans commune mesure avec ses petits chantiers. Un petit tronçon de 14 km n’est pas encore fini depuis plus de deux ans, ADO a  fait l’autoroute 3*3 voies d’Abidjan-Yamoussokro de plus de 240 km en moins de deux ans, le 3eme pont  est déjà inauguré, les échangeurs etc.Il a vu aussi les grands travaux de Macky Sall à Diamniado, les autoroutes, les grandes universités en construction.

C’est Kaleta qui sauve l’honneur, mais là aussi pour des raisons électoralistes, il a précipité de 9 mois au moins la fin normale des travaux du barrage qui risque d’avoir les mêmes problèmes que Garafiri lancé aussi plutôt que prévu. Le gouvernement guinéen avait intenté un procès contre la société Salini Strabag qu’il avait perdu.

Pour justifier son échec inacceptable dans ses projets de centrales thermiques où des centaines de millions de dollars sont partis en fumée sans aucune explication, il nous vante les barrages  qui sont selon lui une garantie de pérennité tout en gardant sous silence la déforestation accélérée de cette région et le rythme saisonnier de fourniture de l’électricité.

En face, toujours pour citer l’exemple ivoirien, nos voisins avec 3 barrages en activité et la construction d’un autre de 275 MW à Soubre, dans le total du mix énergétique, l’hydraulique ne représentera que 35% le reste revenant au thermique.

Dès après la saison des pluies Kaleta ne pourra pas produire plus de 40 MW, si on le suit donc il nous faudra attendre encore 5 ans avant un éventuel lancement de Souapiti, Amaria ou Koukoutamba. Il faut déjà pouvoir rembourser Kaleta.

Alpha Condé ne peut dans ces conditions gagner les coeurs des guinéens qui subissent les affres d’une précarité sans précédent. Ebola avec ses conséquences humaines, sociales et économiques est une autre malédiction qui s’abat sur eux. Les pays qui ont connu Ebola par le passé et récemment le Sénégal, le Nigéria ou le Mali nous ont prouvé que cette épidémie était maîtrisable. Mais dirigé un parti comme le RPG dépourvu de cadres comme il le reconnaît, ne vous donne aucune compétence particulière pour diriger un État déliquescent comme la Guinée. Il a fallu lui retirer la direction des opérations, nous mettre sous tutelle pour pouvoir vaincre Ebola qui est devenu malgré tout un business pouvoir le pouvoir.

Aujourd’hui, il n’a aucun levier à sa disposition pour changer la triste donne.

Plus d’investissements miniers avec la chute des cours des minerais, il ne lui reste plus que les aides de l’après Ebola.

Malheureusement pour nous, sa gestion calamiteuse de l’épidémie à laissé des traces et la communauté internationale a d’autres soucis avec la crise au Moyen-Orient et son cortège de réfugiés, le ralentissement chinois qui menace l’économie mondiale.

Une fois que le vaccin est trouvé et que l’épidémie est déjà sous contrôle, il ne faut plus rêver des milliards pour la reconstruction de nos économies. Or, Alpha Condé a justement misé sur cette aide internationale pour promettre monts et merveilles au monde rural guinéen. Les fonds tardent à venir, même le budget 2015 est basé sur ces prévisions de financements extérieurs pour couvrir son énorme déficit.

Avec toute sa propagande, il n’a ni construit, ni rénové des hôpitaux, pas plus que des universités. D’ailleurs, la seule fois qu’il a mis les pieds dans une université, c’est lorsque que son rival Lansana Kouyate à été invité par l’université Kofi Annan pour y tenir une conférence (il fera pression pour l’annuler), il se décidera à rencontrer les étudiants à l’université général Lansana Conté de Sonfonia pour parler de politique.

L’éducation nationale qui est la base du développement est complètement abandonnée à elle même, il se contente de dénoncer ses cadres qui construisent des écoles qui sont des fabriques de la médiocrité. Depuis qu’il est au pouvoir le niveau des élèves ne fait que baissé, les taux de réussite aux examens dans le secondaire varie entre 25 et 35% depuis 5 ans sans que des mesures efficaces ne soient prises pour améliorer la qualité des enseignements. Il n’a aucune vision, aucun projet pour les jeunes de notre pays sauf des slogans démagogiques, en 2010, il jurait de fournir grâce à ses partenaires, un ordinateur pour chaque étudiant, aujourd’hui, c’est une tablette à crédit pour chaque étudiant qui fait office de programme pour l’enseignement supérieur.

Nous commençons aussi à voir les conséquences du changement climatique et nous voyons bien que cette administration n’est pas préparée à y faire face, pire des permis de construire ont été délivré à des intérêts privés souvent obscurs dans des zones qui sont une menace pour l’environnement. Faute de politique d’urbanisation, les constructions anarchiques continuent avec l’arrivée des nouveaux riches du pouvoir.

Dans tous les secteurs, la mal gouvernance est une menace pour notre pays.

Au moment où Alpha Condé est entrain de nous distraire, le reste de l’Afrique avance vers l’émergence économique.

Depuis 15 ans elle fait une croissance moyenne de 5% qui a créé une classe moyenne de près de 400 millions de consommateurs qui suscitent les convoitises des multinationales du monde entier. L’Afrique sera le relais de croissance mondial dans les années à venir avec une population estimée à plus de 2 milliards d’habitants en 2050.

Un nouveau leadership se dessine, plus dynamique, ouvert sur le monde, cette nouvelle Afrique qui gagne, on la voit à Dakar, Abidjan, Accra, Lagos, Luanda, Rabat, Nairobi, Kigali, mais pas à Conakry.

Comme c’était le cas dans les années 1960, Alpha Condé à son tour va tout faire pour que ce nouveau train de l’émergence africaine nous laisse au bord du quai.

Voilà tout l’enjeu de cette élection présidentielle.

Les hommes du passé, avec les méthodes du passé, veulent coûte que coûte nous maintenir dans la pauvreté, tout en vivant eux dans l’opulence. Une élite médiocre qui ne peut produire que de la médiocrité.

Heureusement cette fois ci même ceux qui disent RPCé en ont marre et ils l’ont fait savoir à Kankan et Siguiri notamment, qui eût cru que le chef du RPG puisse être chahuté et même empêché de tenir un discours dans ses propres bastions?

Ce sont des signaux forts qui ne trompent pas.

Il peut toujours tenter son coup de force, il risque d’en subir les conséquences.

Ce qui trompe beaucoup de gens, c’est de se dire qu’en face, il n’y a pas d’alternative crédible, alors que pour nos populations appauvris, il s’agira plutôt d’un référendum pour ou contre Alpha Condé.

La misère ambiante ne milite pas en faveur de Alpha Condé.

Alpha Saliou Wann

Président de l’Alliance des Forces Démocratiques

Publicité
1 Commentaire

Laisser un commentaire

Publicité
Publicité

Copyright © 2014-2019 GUINEE360.
Made with ❤️ in 🇬🇳 by FXBNO.