
Les médecins s’acheminent vers l’assaut final de l’épidémie d’Ebola. Car, selon Yves Lévy, président de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), les premiers essais cliniques effectués dans certains centres de traitement Ebola sont efficaces.
Il a fait cette annonce lors d’une conférence de presse organisée ce samedi par la coordination nationale de riposte à virus Ebola et les partenaires.
Dans son intervention, M. Yves Lévy a fait savoir que cet essai clinique a été mené par des Guinéens et des Français : «C’est un essai qui a été mené par des chercheurs guinéens et français, des médecins guinéens et français. C’est aussi un essai dont la promotion, c’est-à-dire la responsabilité était à l’INSERM, mais qui a été cofinancé par le gouvernement français et la commission de l’Union européenne. Et c’est un essai ainsi qui s’est fait grâce à la collaboration d’une compagnie japonaise qui a développé ce médicament, le favipiravir. »
Selon le président de l’INSERM, puisqu’il était urgent de faire face à Ebola dont la propagation était rapide, ils ont eu l’idée d’utiliser un antiviral contre Ebola.
« Cet essai, a-t-il dit, il fallait trouver très rapidement une réponse lorsque l’épidémie a flambé et que nous n’avons pas de médicament qui a été testé de manière suffisamment évidente contre Ebola. Et l’idée que nous avons eue et que nous avons partagée très rapidement, c’est de l’utiliser en médicament qui avait des effets comme un antiviral, mais pour une autre infection comme la grippe par exemple et qui pouvaient être eux aussi utilisés par Ebola. »
Il a ensuite précisé que l’essai été très bien surveiller, avant de dire que 25 ont reçu ce médicament : « Donc l’essai a commencé au milieu du mois de décembre. C’est un essai qui a été très surveillé car il s’agissait de donner ce médicament à l’ensemble des personnes qui se présentaient au début dans un, puis deux sites qui ont été ouverts et on a évalué son efficacité positive en essayant d’évaluer l’effet sur la mortalité des personnes qui avaient été traitées pour voir si on pouvait gagner ici une efficacité. Aujourd’hui cet essai est en cours. Depuis la fin du mois de janvier à maintenant il y a 20 à 25 personnes qui ont reçu ce médicament. »
Malgré ce premier signe positif, il n’est pas l’heure de crier à la victoire.
«Les experts indépendants de l’essai nous ont dit qu’il y a un premier signe d’une efficacité probable de ce médicament et quelque chose de très fragile puisque ça concerne très peu de personnes. Mais l’espoir que ça présente est important puisque ce médicament, s’il est donné tôt chez des personnes qui arrivent tôt et qui ont multiplication du virus qui n’est pas encore trop élevée, il pourrait diminuer le risque de décès», a-t-il poursuivi.
Ce médicament n’est disponible et utilisable pour l’instant que dans les centres de traitement.
« La décision revient au gouvernement guinéen d’organiser l’accès de ce médicament. Cependant ça ne peut pas être un médicament qui soit distribué largement », a-t-il conclu.
Pour sa part, Dr Sakoba Keita s’est félicité qu’il y ait un médicament sur lequel il faut porter espoir : « Nous avions annoncé au début de cette maladie qu’il n’y avait pas de vaccin, qu’il n’y avait pas de médicament contre Ebola, mais grâce aux recherches, nous avons un médicament qui nous ouvre les portes de l’espoir.»
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