
Le président Alpha Condé a quitté Conakry au soir du vendredi 1er août pour la Chine où se tient le 9e sommet des dirigeants des BRICS. Le sommet qui a débuté dimanche 3 septembre prendra fin mardi 5 à Xiamen dans la province chinoise du Fujian, sous le thème ‘‘BRICS : un partenariat plus fort pour un avenir plus brillant’’.
Organisation regroupant en son sein le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud depuis sa création en 2011, les BRICS apportent une contribution inestimable à la croissance mondiale. Des estimations du FMI font état d’environ 22,53% du PIB mondial engrangé par les BRICS en 2015, avec plus de 50% de la croissance mondiale les dix dernières années.
Opération de charme
Exceptionnellement cette année, la Chine a invité 5 autres pays, notamment le Mexique, la Thaïlande, le Tadjikistan, l’Egypte et la Guinée. La présence du chef de l’Etat guinéen et par ailleurs président en exercice de l’Union africaine revêt une importance capitale pour ce pays minier qui attire la convoitise des BRICS. Alpha Condé en est conscient. Il met donc à profit ce sommet pour faire la promotion de la destination Guinée.
Déjà, en marge du sommet, un Forum de promotion de la zone économique spéciale de la Guinée a lieu ce lundi 4 septembre. La signature de conventions et d’accords de partenariat bilatéral entre la Guinée et la Chine est aussi au menu. Ce qui, sans doute, va garnir le calendrier d’Alpha Condé à ce 9e sommet. Lui qui saisit l’opportunité à lui offerte pour lancer une offensive diplomatique à ce rendez-vous des maillons forts des pays émergents. Mais la Guinée avec sa gouvernance marquée par une instabilité contractuelle inquiète plus qu’elle ne rassure les BRICS.
Le Brésil par exemple a vu ses entreprises dont le numéro 1 mondial du fer Vale perdre la joint-venture sur le fer du Simandou et Zogota. Avec l’Afrique du sud et l’Inde, les relations économiques sont plutôt timides. Seuls les chinois maintiennent encore leurs parts de marchés intactes. A l’image de Chinalco qui n’a pas lâché prise malgré le retrait de multinationales occidentales du Simandou.
Au tableau de bord, les contentieux avec les investisseurs issus des BRICS sont nombreux. Comment dans ces conditions montrer patte blanche à tous ces pays qui ont fui la Guinée? La réponse à cette question se trouve en partie dans cette opération de charme en marge de ce sommet dont l’objectif n’est autre que de faire les yeux doux à des partenaires et investisseurs dont la plupart avaient été contraints de croiser les bras ou de prendre carrément les pieds au cou en attendant que passe la bourrasque de remise en question des contrats et conventions passés avant l’avènement du régime Condé en décembre 2010.
Le Forum de promotion de la zone économique spéciale de la Guinée de ce lundi est aussi l’occasion de présenter les perspectives à moyen terme du pays avec une croissance prévisionnelle moyenne de 5% sur la période 2017-2020.

