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Guinée: Des jeunes s’insurgent contre le manque de professionnalisme chez une journaliste de France24

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Le 1er mars dernier, un reportage est passé sur la chaine de télévision France 24 montrant dans des ghettos de la banlieue nord de Conakry des jeunes fumeurs de chanvre indien. Un reportage qui a véritablement heurté la sensibilité des membres de la Plateforme des jeunes leaders de l’axe pour la démocratie et le développement (Pjdd) qui dénoncent vigoureusement le manque de professionnalisme qui a caractérisé ce travail.

Ils l’ont fait savoir dans une déclaration rédigée à cet effet. Selon le président de la Pjdd, le reportage a été réalisé avec l’appui «bienveillant» de la Plateforme des jeunes leaders de l’axe pour la démocratie et le développement.

« Les leaders des jeunes ont accueilli la journaliste qui a demandé à les rencontrer dans les locaux de la Baïonnette intelligente. A cette occasion, ces leaders ainsi qu’un consultant de la Baïonnette intelligente lui ont accordé des interviews dans lesquelles ils ont exposé le bilan de leurs actions de lutte contre la non-violence depuis plus de 3 ans, par suite de quoi ils ont accepté de l’accompagner à Gnariwada dans le quartier de Hamdallaye pour rencontrer les jeunes non-formalisés, qui n’ont pas suivi des formations dispensées par le projet la Baïonnette intelligente aux jeunes de l’axe », a rappelé Ibrahima Aminata Diallo en guise de décor.

« Elle a ensuite été accompagnée à Koloma pour assister à une rencontre de sensibilisation sur la non-violence organisée par une structure de la Pjdd. A cette occasion, des interviews ont été accordées à Sarah Sako de France 24 et Coralie Pierret de Rfi », a-t-il poursuivi.

Et contre toute attente des membres la Pjdd déclarent avoir été désagréablement surpris de constater que Sarah Sako n’a fait passer que des jeunes fumeurs de chanvre indien, à visage découvert par le biais d’un montage fait à dessein, avec des images de la destruction de la station de carburant de Bambéto et sa boutique d’alimentation pillée.

« Par un jeu subtil de caméra et de commentaires, elle tente de démontrer aux téléspectateurs que les jeunes de l’axe sont les auteurs des violences et des pillages perpétrés pendant les manifestations. Le titre du reportage est sans équivoque. Les jeunes de l’axe : simples casseurs ou jeunes révoltés », s’indigne le président des jeunes leaders, qui estime que la journaliste Sako a réduit les jeunes de l’axe aux petits fumeurs de chanvre indien dont elle a fait les vedettes de son reportage, tout en passant sous silence les diverses interviews réalisées avec les jeunes leaders formalisés et le consultant de la Baïonnette intelligente.

Par cet acte, la Pjdd soutient que Sara Sako n’a fait que contribuer au renforcement de l’image négative que certains attribuent aux jeunes de l’axe, et a cherché à réduire leurs efforts contre la violence.

Quelle était la mission de Sarah Sako dans ce reportage ? Fallait-il trouver des boucs-émissaires pour justifier les violences ayant conduit à la mort de huit personnes abattues par balle par les agents des forces de l’ordre lors des manifestations ? Pourquoi n’a-t-elle pas montré les violences perpétrées par les agents en uniforme sur le terrain ? Pourquoi n’a-t-elle pas montré ce véhicule blindé de la police appelé Mamba qui est passé et repassé sur le jeune Mamadou Bah de 21 ans, réduisant son corps en pâte ? Pourquoi n’a-t-elle pas montré les confrontations dans les autres quartiers de Conakry ? Ce sont là tant d’interrogations auxquelles les jeunes leaders souhaiteraient avoir des réponses fiables. Puisque de l’avis de leur président, la journaliste de France 24 pointe du doigt ces jeunes fumeurs de chanvre indien, alors que des fumeurs de chanvre indien, on en rencontre un peu partout à travers le monde.

« Pourquoi n’a-t-elle pas cherché plutôt à montrer les raisons du désespoir de ces jeunes qui se refugient dans la consommation du chanvre indien ? Pourquoi ne s’attaque-t-elle pas à la mal-gouvernance qui est à l’origine du désespoir et des multiples violences en Guinée ? », se demande la Plateforme.

Mais les jeunes leaders se montrent confiants d’une chose : « Sarah Sako, par ce reportage, a voulu détruire l’image des jeunes de l’axe qui se battent depuis plus de 3 ans pour une meilleure gouvernance et la construction d’un Etat de droit sans violences ».

« En violation des règles de déontologie de son métier, elle a exposé à la répression ceux qui se sont laissés filmer par elle. Car, dès le lendemain de la publication de son reportage, des descentes musclées des agents des forces de l’ordre avec un vacarme de tirs, d’arrestations et de brigandages ont été enregistrés à Gnariwada et Kakimbo. Par ailleurs, Sarah avait annoncé la diffusion de son reportage pour le 28 février. Mais celle-ci n’a eu lieu que le lendemain, après son départ de Conakry. Tout cela force à s’interroger sur la moralité de cette  journaliste à sensation, qui a choisi de semer le trouble et de fuir », dénonce M. Diallo.

Et pour la Plateforme, la question se pose autrement : c’est comment aider la jeunesse guinéenne confrontée au chômage à surmonter son désespoir et mobiliser son énergie pour le développement de la Guinée.

Par Madiba

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