
Les critiques n’ont jamais épargné le Paris-Dakar. René Dumont y voyait dès 1980 « un rallye indécent, une bande de fêtards qui organisent un banquet, mais pas chez eux et qui entrent chez un pauvre pour ripailler sans l’inviter à partager ». Mais ce sont les menaces terroristes qui vont faire prendre conscience aux « aventuriers » que l’Afrique n’est pas un terrain de jeu.
Ils étaient partis 182 le 24 décembre 1978, ils arrivent 72 le 14 janvier 1979. 72 véhicules, voitures, camions et motos, finissent un long voyage commencé en région parisienne.
Après avoir traversé la France, l’Algérie, le Niger, le Mali, les concurrents de la course imaginée par Thierry Sabine arrivaient pour la première fois à Dakar au Sénégal. Le Paris-Dakar était né et même si l’on parle beaucoup d’aventure lors des premières éditions, très tôt le Dakar essuie les premières critiques.
Les critiques pleuvent
Devenu un événement médiatique, des artistes s’y élancent, des marques y voient le potentiel commercial et des critiques pleuvent contre une épreuve accusée de prendre l’Afrique pour un terrain de jeu. En 1980, René Dumont écrivait dans « L’Afrique étranglée »: « Le rallye Paris-Dakar est indécent. Je compare cela à une bande de fêtards qui organisent un banquet, mais pas chez eux, et qui entrent chez un pauvre pour ripailler sans l’inviter à partager. »
En 1991, dans l’album Marchands de Caillou, le chanteur Renaud met en chanson la critique du rallye
Mais les critiques n’y changent rien. Le rallye est populaire, les médias suivent et les constructeurs investissent des sommes considérables. Mais bientôt tout va changer. Le terrorisme fait planer des menaces sur la course à partir de l’épreuve de l’an 2000. Le tracé est changé en cours d’épreuve pour éviter le Niger jugé très dangereux par le Quai d’Orsay.
Après le 11 septembre 2001, les épreuves sont de plus en plus difficiles à organiser jusqu’à l’annulation pure et simple juste avant le départ de celle de 2008.
Il aura donc fallu que les dangers soient réels pour les aventuriers pour qu’ils prennent conscience que l’Afrique n’est pas un terrain de jeu…

