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Le représentant résidant de la Banque mondiale Cheick Fantamady Kanté parle à Guinéenews

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Cheick Fantamady Kanté, le représentant de la Banque mondiale en Guinée aborde avec nous l’apport de son institution dans l’économie guinéenne, les projets déjà financés et ceux à venir. Exclusif !

Guinéenews© : faites le point des relations entre la banque mondiale et la Guinée.

Cheick Fantamady Kanté : Tout d’abord, permettez-moi de profiter de votre media pour adresser mes vœux les plus ardents de santé, de bonheur et de succès à vos lecteurs et à tous les guinéens.  Puisse le Tout Puissant nous guider en cette période d’épreuve, afin que le fruit de nos efforts conjugués offre à tous les guinéens des horizons plus cléments dans la paix et la concorde.

Ceci dit, le partenariat entre la Guinée et la Banque mondiale est un partenariat de longue date.  En terme plus concret, ce partenariat se traduit actuellement par un portefeuille actif, reconstitué, qui comprend 14 projets et programmes; pour un montant total de près de 500 millions USD.  Ces opérations comportent 11 projets et programmes nationaux, y compris l’opération de financement de la riposte contre la maladie à virus Ebola et 3 projets et programmes sous-régionaux.  En plus de ces opérations de financement, il y a lieu de noter l’apport en études et travaux analytiques destinés à promouvoir une meilleure connaissance de l’environnement économique et social du pays en vue de rendre l’appui de la Banque mondiale et les décisions d’investissements du Gouvernement et d’autres partenaires les plus efficaces possible. Ces études contribuent, dans certains cas, à la formulation d’opérations plus ciblées et correspondant mieux à l’attente réelle des bénéficiaires finaux.  Je n’oublierai pas les activités de la Société Financière Internationale (IFC), la filiale du Groupe de la Banque mondiale qui travaille avec le secteur privé.  En Guinée, l’IFC soutient des programmes d’assistance technique dans les domaines de l’amélioration du climat des affaires, du développement du contenu local ciblant les PME, du crédit-bail, et des PPP.  En ce qui concerne les investissements dans les projets portés par le secteur privé, l’encours de l’engagement de l’IFC s’élève à près de 150 millions USD.

Pour consolider davantage ses relations solides avec la Guinée, le Groupe de la Banque mondiale a préparé une Stratégie de Partenariat Pays (CPS) sur la période 2014-2017, un document de référence qui vise à accompagner la Guinée à mettre en œuvre son programme de développement et d’émergence. Notre Partenariat-Pays s’appuie sur les priorités du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté -DSRP3 de la Guinée, et vise à aider le pays à bâtir un système de gouvernance crédible en assurant une gestion transparente des ressources publiques, favoriser les investissements porteurs de croissance, renforcer l’efficacité des secteurs de l’énergie et de l’agriculture et développer le capital humain. 

A la demande du Gouvernement, nous sommes en train de recentrer les priorités de notre CPS, vu le nouveau contexte et les réalités que nous impose la crise sanitaire, économique et sociale engendrée par la maladie à virus Ebola.  En plus donc de notre appui direct au plan national de riposte de la Guinée, nos équipes travaillent déjà à la préparation de projets visant à soutenir la relance économique et la résilience dans les secteurs clés comme la santé, l’énergie, l’appui à la productivité agricole, les compétences et l’emploi des jeunes, et l’éducation de base, entre autres.

C’est pour vous dire que les relations entre le Groupe de la Banque mondiale et la République de Guinée sont au beau fixe!

Guinéenews© : la fièvre Ebola a eu des conséquences sur l’économie guinéenne. En tant que partenaire au développement, pouvez –vous nous en  donner le degré ?

Cheick Fantamady Kanté : Outre les souffrances et les nombreuses pertes associées en vies humaines, l’épidémie d’Ebola a un impact économique considérable  en termes de perte de production, de déficits budgétaires, de stabilité des prix,  de faiblesses des revenus réels des ménages et d’aggravation de la pauvreté.  Le 2 décembre dernier, la Banque mondiale a publié une mise à jour de son analyse initiale de l’impact économique de la maladie à virus Ebola sur les économies des trois pays les plus touchés que sont la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone.  Le rapport dénote ainsi l’aggravation de l’impact économique sur ces trois pays, ainsi qu’une révision à la baisse des prévisions de croissance pour 2014.  Pour la Guinée le taux est revu à 0,5% contre 4,5%.  Je rappelle que sur le plan budgétaire, le gouvernement s’était trouvé dans une position difficile en 2014, situation fort-heureusement atténuée par une mobilisation prompte et opportune des partenaires de la Guinée.  Cette mobilisation a permis de combler le déficit budgétaire pour 2014. Notons que les recettes avaient chuté de 93 millions de dollars (1,4 pour cent du PIB), contre une augmentation des dépenses de 135 millions de dollars (2,1 pour cent du PIB) à la fin de 2014.  Ce déficit budgétaire de 2014 a été comblé, en partie grâce aux importantes entrées en appui budgétaire du FMI (41 millions $), de la Banque mondiale (50 M $) , et la Banque africaine de développement (32 millions $). Reste maintenant que le financement du budget 2015 n’est toujours pas entièrement bouclé, dans un contexte où, malheureusement pour 2015, la Banque mondiale prévoit une estimation de croissance de -0,2% en Guinée du fait de la persistance de l’épidémie.

Tout ça est sans nul doute un coup dur pour la Guinée qui, malgré un contexte domestique et international difficile, avait jusque-là parcouru un chemin louable vers une transformation socio-économique qualitative depuis 2011.  Même si la croissance était restée insuffisante par rapport à l’objectif de réduction de la pauvreté, la forte volonté des guinéens de tous bords et l’élan favorable des investisseurs et des partenaires techniques et financiers, auguraient de bonnes perspectives. Ceci dit, je reste personnellement confiant dans la capacité du peuple de Guinée, à relever ce défi, tous les défis! 

Guinéenews© :  À quelle hauteur sera l’enveloppe de la Banque mondiale pour cette année ?

Cheick Fantamady Kanté : L’année fiscale de la Banque mondiale s’étalant du 1er juillet au 30 juin de l’année suivante, notre institution a déjà apporté une concours considérable à la Guinée en terme de nouveaux financements en 2014-2015: j’ai mentionné plus haut le montant de $50 millions de dollars à titre d’appui budgétaire direct approuvé en novembre dernier.  A ceci s’ajoutent $72 millions de dollars en faveur de la riposte nationale contre Ebola.  En fin septembre 2014, notre Conseil d’Administration a approuvé deux projets, un pour soutenir l’emploi des jeunes pour une enveloppe de $20 millions de dollars et un second pour l’appui au secteur agricole pour $15 million de dollars.  Donc si mes calculs sont bons, nous sommes à $157 millions d’appui pour cette année fiscale.  Quatre nouveaux projets sont en préparation dans les secteurs de la santé (renforcement du système), de l’enseignement pré-universitaire, de la pêche, et de l’inter-connection sous-régionale dans le cadre du projet OMVG.  J’espère que les conditions et le contexte nous permettrons de boucler ces projets d’ici au 30 juin 2015.

 Guinéenews© : les syndicalistes guinéens demandent une augmentation de salaire  et une baisse du prix du carburant. Quel est votre avis?

Cheick Fantamady Kanté : Je n’ai pas mandat à commenter sur les débats de nature syndicale, politique ou sociétale.  Notre champ d’action reste l’économie, le développement, la promotion de la croissance et la lutte contre la pauvreté.  Je vous ai entretenu plus haut sur certains chiffres du budget qui, si je ne m’abuse a été débattu au Parlement.  Et j’ai aussi dit qu’en ce que je sache, le financement du budget 2015 restait encore à boucler c’est-à-dire qu’il y a encore des prévisions d’investissements et de dépenses qui ne seront pas réalisées si la Guinée n’arrive pas à mobiliser l’appui extérieur ou l’apport des investisseurs privés qui s’intéressent à la Guinée.  Donc il y a encore du chemin… Toutefois, je n’ai jamais douté de la maturité du peuple guinéen et de celle de tous ses dirigeants, syndicaux, politiques, associatifs ou autres, à faire la part des choses et relever les grands défis.  Ebola en est un grand défi et pour moi la priorité des priorités devraient rester la riposte et l’éradication de cette maladie inique, injuste et qui isole les peuples et les pays.  Je crois donc que les guinéens sauront faire la part des choses en privilégiant le dialogue, la transparence, l’équité et, au-dessus de tout, l’intérêt supérieur de la Guinée.
 
Guinéenews© : un dernier mot?

Cheick Fantamady Kanté : Je reste confiant en l’avenir de la Guinée et de l’Afrique; cet avenir que voudront les guinéens et tous les Africains.  La Banque mondiale quant à elle reste disposée à jouer sa partition.  Je vous remercie.

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