
Les associations de presse ont profité mercredi de la journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis sur les journalistes pour dénoncer les violences dont sont victimes les journalistes guinéens. Ils entendent déposer une plainte le lundi contre les gendarmes qui ont brutalisé les journalistes à l’escadron Numéro 3 de Matam.
Le 2 novembre de chaque année est célébrée dans le monde comme la journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes. En Guinée, le constat est alarmant fait remarquer Asmaou Barry, présidente de l’APAC : ‘’ les fossoyeurs des plumes n’ont-ils pas attendu l’instauration de la journée internationale de la fin de l’impunité et des crimes commis contre les journalistes pour loger une balle fatale dans la poitrine de notre confrère Elhadj Mohamed Koula Diallo ? Les acteurs de médias ne se promènent-ils pas aujourd’hui avec en tête la mystérieuse question sur ce qui a bien pu arriver à Chérif Diallo ? la corporation des médias a été frappée dans sa chair par des violences inouïes que des gendarmes ont impunément infligé à un groupe de journalistes et à des cadreurs… ‘’
Les violences exercées sur les journalistes à l’Escadron numéro 3 de Matam ne resteront pas impunies, promet Sanou Kerfalla Cissé, président de l’URTELGUI : ‘’ une plainte sera déposée ; pour la première fois dans ce pays, une plainte ne dormira pas dans un tiroir. Tous ceux qui se sont rendus coupables de ces exactions sur des journalistes sous mes yeux seront traduits devant les tribunaux et aller jusqu’à les radier complètement des effectifs de la gendarmerie…’’
Colonel Mamadou Alpha Barry, l’officier chargé de la communication de la gendarmerie nationale, a à cette occasion présenté les excuses de la gendarmerie à la presse guinéenne. Il a annoncé qu’une enquête est ouverte par le Général Baldé pour identifier et punir ces gendarmes : ‘’ si la gendarmerie a blessé quelqu’un, nous le regrettons. D’autres ont parlé d’ennemis ; peut-être mais la gendarmerie nationale ne peut pas être ennemie des médias. Si vous devez avoir mal au niveau de la gendarmerie, c’est moi qui ai mal c’est pourquoi je suis là pour partager vos douleurs. Le haut commandement a ouvert une enquête pour situer les responsabilités. Quand ils seront inculpés, vous verrez que ce n’est pas le Haut commandement qui en est responsable parce qu’ils répondront de leur forfaiture…’’
D’aucuns n’ont pas apprécié la présence de Colonel Barry à cette conférence de presse.
Cette journée a été instituée en 2014 par les nations-unies pour rendre hommage à Claude Verlon et Gislaine Dupont, deux journalistes de RFI tués à Kidal au Mali.

