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Eric Destephen, DG World Entreprise « L’insécurité n’est pas qu’un problème étatique… »

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De plus en plus, la diaspora guinéenne se fait le souci de revenir au pays pour y participer à son développement socio-économique. C’est ce cadre que notre reporter a rencontré Eric Destephen, résident au Canada pour parler de ses activités en faveur de la Guinée.

Parlons des motifs de votre séjour en Guinée ?

Eric Destephen : Je n’ai pas principalement de motif pour  mon séjour en Guinée. Je suis chez moi en Guinée. Je viens ici de temps en temps. Ce présent voyage est axé sur des prises de contact dans le cadre des activités de ma société.

Parlez-nous de cette société ?

Alors, je viens de créer une société basée à Casablanca au Maroc,  qui est un peu la plaque tournante de toutes mes autres activités dans le monde. La société s’appelle World Entreprises. C’est une société de prestation de service. Notre activité principale consiste à aller démarcher les investisseurs à l’étrangers, les persuader de venir investir en Guinée, en Afrique, signer des partenariats avec des entreprises locales et internationales. Nous faisons un peu de liaison entre l’international et la Guinée.

Quels sont vos domaines de prédilection ?

Ils sont très vastes, parce que nous apprenons comment faire des prestations de services. Nous sommes dans beaucoup d’activités du développement. Tout dépend de nos clients, c’est selon les besoins de nos clients. On s’adapte au besoin de nos clients.

Pour quels domaines allez-vous convaincre les investisseurs en ce qui concerne la Guinée ?

L’avantage pour la Guinée, comme j’ai eu à le dire à mes partenaires lors de nos  premières rencontres, c’est de trouver ce pays comme un nouveau- né. C’est comme un pays qui vient de naitre. Un enfant qui vient de naitre, il faut l’allaiter, l’entourer de soins pour qu’il grandisse. En Guinée, il ya beaucoup à faire. Il ya des routes à faire, les constructions, le recyclage des ordures, dans la pêche, d’autres infrastructures. Dans tous ces domaines, la Guinée a besoin des partenaires pour l’aider. J’invite des gens à venir chez moi en Guinée, regarder ce qui est possible de faire. Tout est à prendre. Et moi je veille à ce que le partenaire que j’envoie rencontre les autorités qu’il faut, des cadres, des jeunes guinéens. Pas forcément avec l’Etat, parfois j’organise des rencontres avec des entreprises privées ou canadienne par exemple avec d’autres gérants d’entreprises guinéennes pour créer des liaisons,  pour voir comment ils peuvent travailler ensemble.

La Guinée est beaucoup stigmatisée par le fait de la présence du virus Ebola. A ce niveau, comment parvenez-vous à convaincre les investisseurs ?

Moi personnellement en tant que guinéen, j’ai eu énormément de difficulté à convaincre certains partenaires à effectuer un voyage de prospection. Tout le monde parle d’Ebola, mais quand tu rentres à Conakry, les gens ne dorment pas dans la rue, on ne les ramasse pas à terre. Ebola n’est pas qu’un problème guinéen, c’est un problème international. Je pense qu’au niveau de l’international, il ya des mesures de sécurité qui sont prises. Je leur explique les mesures prises en Guinée, c’est-à-dire qu’avant de rentrer dans les bureaux, dans les familles et autres locaux, vous trouvez des solutions de chlore, de l’eau  de javel pour se laver les mains, prendre la température et tout une procédure d’accompagnement et de prévention. C’est vrai que nous avions été stigmatisés et bien nous essayons de les convaincre que la vie continue en Guinée et nous, nous essayons de surmonter les difficultés pour amener les investisseurs en Guinée.

Hormis le virus Ebola,  autre obstacle à l’investissement en Guinée est l’insécurité. Votre point de vue ?

Justement, l’un des buts de mon voyage avec mon entreprise est de participer à l’effort de lutte contre cet autre mal qu’est l’insécurité. Je suis guinéen et à ce titre je me sens personnellement concerné. L’insécurité concerne tout le monde, ce n’est pas qu’un problème étatique, tous les guinéens sont concernés. A mon niveau, en tant que gérant d’entreprise, je me fais le devoir patriotique de faire un don d’équipements de maintien d’ordre à la police et à la gendarmerie. Ce don est composé de tenues, de boucliers anti émeute. Et tout ce qui rentre dans la protection individuelle. On ne peut pas exiger à un gendarme ou à un policier de faire face à une certaine criminalité sans les doter des équipements qu’il faut.  Ce don pourra les permettre à faire face à cette criminalité. Il faut les doter des équipements qu’il faut. Donc ma première donation va dans le sens de l’effort de combattre l’insécurité. Plus on dira que la Guinée est en sécurité, plus cela encouragerai les investisseurs à venir. Il ya énormément de priorité en Guinée. Mais pour moi, l’accent doit être mis sur le secteur de sécurité. La première question qu’on pose après Ebola, c’est la sécurité. Et voilà, j’offre des équipements à la police et à la gendarmerie sans rien attendre au retour. Juste ma participation pour la sécurité de mes compatriotes.

Propos recueillis par Aly Badara Condé

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