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Abou Bakr El Baghdadi, le «Croyant» à l’extrémisme bien enraciné

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Il est à la tête du plus important groupe terroriste du Moyen-Orient. Et pourtant, depuis qu’Abou Bakr al-Baghdadi s’est autoproclamé calife l’an dernier, à visage découvert dans une vidéo, on en sait peu sur son profil et son parcours. Expert de l’islamisme militant au sein du think-tank américain Brookings Institution, Will McCants publie à la fin du mois L’apocalypse ISIS. Et comme l’indique ce mercredi Business Insider, il vient de mettre en ligne un long portrait du patron de Daesh, dont voici quelques morceaux choisis.

  • Sur ses origines

Baghdadi a été élevé dans la classe moyenne irakienne, dans une famille se targuant de descendre de Mahomet. Ils étaient liés au régime de Saddam Hussein : deux de ses oncles travaillaient dans ses services de sécurité, et deux de ses frères servaient dans son armée. Toujours côté famille, on apprend dans le portrait de Will McCants que Baghdadi aurait deux femmes et six enfants.

  • Sur sa foi

Son père enseignait à la mosquée, nous apprend McCants. Adolescent, Baghdadi menait les enfants du voisinage aux sessions de récitation du Coran. Baptisé « Le Croyant » dans sa jeunesse, il corrigeait quiconque s’éloignait de sa vision de l’islam. Salafiste de famille, il s’est rapproché des Frères musulmans, au sein desquels il était vu comme bien plus extrémiste que la plupart des membres du groupe.

  • Sur sa personnalité

S’il a l’air connu pour son naturel calme, Baghdadi est décrit comme s’enflammant au moment de réciter le Coran. Il pouvait aussi s’énerver dans certaines circonstances : McCants donne l’exemple d’un mariage où, voyant des hommes et des femmes danser ensemble, Baghdadi s’est énervé et les a forcés à arrêter. Particularité du portrait dressé par l’expert américain : le leader de l’organisation EI était aussi connu pour être un fan de football, ayant reçu les surnoms de Messi ou Maradona pour ses prouesses sur le terrain, par exemple lors de sa détention en 2004, pendant dix mois, à la prison de Bucca en Irak.

  • Sur son parcours

Passé par Al-Qaida avant de s’en éloigner et de prendre la tête de l’organisation Etat islamique en Irak et au Levant, il y a eu pour tâche de s’assurer que la propagande en ligne du groupe terroriste un temps dirigé par Ben Laden était en ligne avec leur doctrine conservatrice. Ironiquement, Daesh est aujourd’hui connu pour l’efficacité de son recrutement sur Internet. Après la scission entre Al-Qaida et Daesh, il était cette fois chargé des affaires religieuses dans certaines régions d’Irak : en tant que docteur en études islamiques, il apportait une certaine légitimité au groupe islamiste.

S’il y a une chose à retenir de ce long portrait très renseigné dressé par l’expert de la Brookings Institution, c’est que l’extrémisme militant de Baghdadi n’est pas né, comme on pouvait auparavant l’imaginer, à l’occasion de sa détention dans la prison américaine de Bucca en Irak. Si son séjour là-bas a pu l’aider à recruter de futurs cadres de l’organisation EI, son fanatisme et son ambition, eux, étaient enracinés depuis longtemps déjà. S’il a pu apparaître inoffensif lors de sa détention, c’était calculé : « Durant ses dix mois là-bas, Baghdadi a caché son militantisme et s’est consacré à l’instruction religieuse », indique McCants. Comme l’écrit Business Insider, il savait sans doute très bien ce qu’il faisait.

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