
Organisation des élections locales et présidentielles : L’opposition désapprouve les premières opérations de la CENI
La commission électorale nationale indépendance (CENI), organe chargé de l’organisation des élections en Guinée, vient d’engager un processus visant à améliorer la cartographie électorale en vue de rapprocher davantage les électeurs de leurs bureaux de vote. Ce lancement des opérations électorales par la CENI est qualifié de ‘’fuite en avant’’ par l’opposition.
Dans le cadre de ces opérations destinées à améliorer la cartographie électorale, la ceni a déployé des équipes dans les 5 communes de la capitale et dans les 33 préfectures du pays, en vue de corriger la mauvaise affectation des électeurs par rapport à leurs bureaux de vote. Il s’agit à travers cette amélioration de la cartographie, de revoir l’éloignement des électeurs, surtout dans les provinces éloignées du pays, où des électeurs étaient tenus de parcourir des kilomètres pour aller voter.
L’année 2015 est retenue comme une année électorale en Guinée, avec des communales et communautaires en vue, ainsi que la présidentielle. Une lourde tâche pour la Ceni, qui devra tout mettre en œuvre pour la réussite de ces scrutins dans un environnement politique qui commence être tendu avec une opposition qui réclame son implication dans le processus électoral.
Le porte-parole de l’opposition, Aboubacar Sylla a dans un entretien accordé à Guinee360.com déploré cette ’’fuite en avant’’ de la Ceni. L’opposition regrette que le pouvoir ait utilisé la trêve décidée par les partis politiques pour actionner la Ceni. « Vous avez constaté que nous avons décidé en tant qu’opposants de marquer un temps d’arrêt de nos acticités, d’une part et pour éviter d’autre la recrudescence des violences, éviter surtout les récupérations politiques ou communautaires et d’autre part compte tenu de la fièvre hémorragique Ebola, nous avions comme nous le savez, décidé d’une trêve unilatérale volontaire. Mais, nous nous sommes rendu compte que cette trêve a été mise à profit par le pouvoir pour engager une campagne électorale avant la lettre pour occuper un espace que nous avons laissé volontairement. Et mieux que ça, pousser la Ceni à aller poser des actes que le gouvernement voudrait irréversible qui vont dans le sens seulement de l’organisation de cette fraude massive contre la quelle nous luttons pour avoir des élections transparentes. Donc, nous nous levons en fait pour tout ça. C’est pour d’une part que nos revendications soient prises en compte. Mais à l’intérieur de ces revendications, il y a surtout la nécessité pour notre Guinée d’entrer dans le cercle vertueux des Etats où les élections ne sont pas des occasions de violence mais plutôt des opportunités de manifestations de la vitalité de la démocratie, où les citoyens expriment leurs suffrages où les suffrages ne sont ni détournés, ni annulés. C’est pour cette raison que nous faisons nos manifestations », a déploré le port-parle de l’opposition.
Aboubacar Sylla de poursuivre son argumentaire « Depuis de long mois on est en train de tourner en rond. Et entre temps, qu’est-ce que la CENI est en train de faire sur le terrain, les commissaires de la CENI gaspillent les ressources financières dans des missions que nous ne reconnaissons. Elle continue à développer ses activités et à nous mettre devant des situations de fait accompli. Et c’est pour ça que nous avons demandé en groupe de revendication le départ définitif de la CENI.
Car cette CENI-là, non seulement elle pose des actes de nature à troubler l’ordre public et à mettre notre pays dans une situation d’instabilité politique extrêmement grave. Cette CENI veut organiser des élections dont nous savons qu’elle sera caractérisée par la fraude, on va s’y opposer ou les résultats ne seront pas acceptés. En tout état de cause, la Guinée va rester dans un cycle de violence postélectorale. Et ça, nous voulons l’éviter. C’est pourquoi nous demandons le départ de cette CENI. Et puis d’autre part, c’est une CENI qui est illégale et illégitime au jour d’aujourd’hui, parce que ses membres n’obéissent plus aux critères qui sont définis dans la loi 016 qui fonde la composition, l’organisation et le fonctionnement de la CENI, d’autant plus qu’ils ne sont plus de l’émanation des différents courants politiques et, de façon paritaire et égalitaire comme cela est prévu dans la loi 016. II n’y a que trois commissaires qui se réclament aujourd’hui de l’opposition sur les vingt-cinq. Alors qu’il en faudrait dix d’après notre loi.
Aux dernières nouvelles, les commissaires de la CENI doivent passer au site central pour les corrections liée à la cartographie avec l’opérateur malien ICD (Ingénierie de Conception et de développement) et cela du 2 au 4 février.
Quant au président de l’institution, il séjourne depuis le samedi dernier dans la capitale française, Paris pour des raisons dont ignorent de nombreux commissaires de la CENI que nous avons contacté depuis le départ de leur président vers l’hexagone.
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