AfriqueL’Union africaine à l’épreuve de la méthode Kagamé

L’Union africaine à l’épreuve de la méthode Kagamé
L’Union africaine à l’épreuve de la méthode Kagamé
L’Union africaine à l’épreuve de la méthode Kagamé

Depuis le dimanche 28 janvier, Paul Kagamé est élu président de l’Union africaine, succédant alors à Alpha Condé.

Le chef d’Etat rwandais, (60 ans), a su hisser son pays au rang des « bons élèves » en matière de bonne gouvernance et se progrès, en plaçant le Rwanda parmi les Etats cités en exemple sur le continent. Sa nomination à la tête de l’institution panafricaine marque donc l’ère des grandes réformes dans le fonctionnement de l’organisation supranationale. Son magistère à la tête de l’UA annonce une batterie de mesures pouvant changer le fonctionnement de cette organisation tant au niveau institutionnel que structurel pour une efficacité plus optimale de ses organes.

L’Union africaine souvent critiquée, malmenée, par les Africains eux-mêmes, pour son inefficacité, son inutilité vraies ou supposées, parfois qualifiée de club des chefs d’Etat va t-elle se réveiller de gré ou de force en cette année 2018 qui s’amorce ? Tout tend à le faire croire étant donné la personnalité qui prend la présidence de l’organisation continentale : le chef d’Etat du pays le plus propre, le mieux organisé d’Afrique, Paul Kagamé. Il a officiellement pris ses nouvelles fonctions lors du dernier sommet de de l’Union africaine qui s’est tenu à Addis Abeba, en Ethiopie.

Le choix de l’homme ne relève pas du hasard. Kagamé a su se faire une réputation d’homme méthodique dont la gestion est axée sur le résultat. Il aurait par exemple, rapporte jeuneafrique.com, fait signer un contrat de performance à tous les fonctionnaires du Rwanda. Selon la même source on peut citer parmi les méthodes Kagamé des réunions sur convocation chaque mois dans les quelles les blocages sont évoqués et les solutions proposées. « Lorsqu’il l’estime nécessaire, Paul Kagamé n’hésite pas à intervenir lui-même auprès de ses homologues ». Cette rigueur dans le travail semble présager une rupture dans le mode de gestion des affaires africaines au sein de l’organisation.

Olivier Nduhungirehe, secrétaire d’Etat au ministère rwandais des Affaires étrangères confirme « Chez nous, les résultats sont visibles. Logiquement, les membres de l’UA se sont dit que ce qu’il avait fait au Rwanda, il pouvait le faire sur le continent ». Dés son élection, P. Kagamé annonce la couleur en mettant en place un comité de pilotage dans le quel on peut retrouver « Donald Kaberuka, ancien ministre et ex-patron de la BAD, l’économiste camerounais Acha Leke et Carlos Lopes, qui fut secrétaire général de la commission économique pour l’Afrique des Nations unies », écrit jeuneafrique.com.

La taxe de la discorde

Cet entourage composé d’économiste, exprime sans doute sa ferme volonté d’amenuiser la dépendance économique de l’Union africaine par rapport à l’Union européenne. Ainsi dans son programme, P. Kagamé propose « une taxe de 0,2% sur les importations ». Selon le président sortant de l’UA, Alpha Condé, cette taxe est « le moyen le plus sûr pour résorber le déficit budgétaire chronique de l’UA », rapporte afriquinfos.com.

La taxe sur les importations pourrait représenter une manne financière considérable pour l’UA, environ 30 millions de dollars (soit 15 milliard F Cfa), rappelle. Une initiative novatrice qui ne fait pourtant l’unanimité au sein de l’UA. Selon la même source, les plus gros importateurs du continent tels que l’Egypte l’Algérie et l’Afrique du Sud, le Maroc, le Nigeria sont contre la taxe. Ce qui n’a pas empêché à une vingtaine d’Etats d’adopter la mesure, souligne agenceecofin.com.

En plus des reformes au niveau institutionnel, un autre projet comme la zone de libre-échange continentale dont le lancement officiel est prévu le 21 mars à Kigali, est attendue, annonce allafrica.com. Pour plus d’efficience et d’efficacité, voir de rationalité des ressources, Paul Kagamé envisage même au lieu de tenir deux sommets par an que l’on ait un seul. Une perspectives qui ne semble pas du goût de certains de ses pairs.

A contrario l’homme fort de Kigali ne manque pas d’admirateurs dans le rang de ses homologues tel le Tchadien Idriss Deby qui avait avancé son nom pour prendre la tête de l’Organisation. C’est d’ailleurs à juste titre que Paul Kagamé a le soutien du président de la commission, le Tchadien Moussa Faki Mahamat, pour conduire la barque UA à bon port, notamment sur le plan des réformes.

“Nous n’avons plus que deux choix : avancer résolument dans une mise en oeuvre de la réforme ou laisser la voie à un échec, un de plus”, déclarait Faki dans son discours à l’ouverture du 30è sommet de l’organisation.

« Paul Kagamé est très différent de tout ce que l’on peut voir chez les chefs d’Etat africains, confie l’un des fondateurs de l’UA au journal français Le Monde. Il est humble, travailleur. Il peut incarner la moralisation et l’exemplarité dont le continent a besoin».

Source: Senenews

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